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Deux élus quittent la réunion du conseil à Moncton

Les conseillers municipaux Pierre Boudreau et Paulette Thériault ont quitté la rencontre du conseil municipal de Moncton, lundi soir, visiblement furieux.

Les élus municipaux de Moncton venaient tout juste de débattre d’un nouveau projet de revitalisation proposé pour l’ancienne école Moncton High, au centre-ville, lorsque les deux élus sont partis.

« On est en train de mettre les gens à dos dans la communauté. À mon avis, on pourrait faire les choses plus paisiblement sans cette énergie négative », a déclaré Mme Thériault, qui a notamment été la mairesse adjointe de l’ancien maire George LeBlanc.

C’est sûr qu’on n’est pas toujours sur la même page. S’il y a de la tension? Il y a de la tension avec moi ce soir!

Paulette Thériault, conseillère municipale

M. Boudreau a quitté la salle au même moment, sous prétexte qu’il avait une autre rencontre à 20h20 (HA).

Deux points ont poussé la conseillère Thériault à quitter la salle du conseil: le débat sur le nom d’un parc du quartier Sunny Brae que le conseil a modifié il y a un mois pour accommoder des résidents anglophones mécontents; et la proposition d’un groupe privé de faire l’acquisition de l’ancienne école Moncton High.

Un nom de parc qui dérange

En décembre, le conseil municipal a accepté de changer le nom du Parc René-Arthur Fréchet pour qu’il s’appelle dorénavant le Braemar Park. L’initiative venait de résidents anglophones du quartier Sunny Brae qui voulait changer le nom de ce parc.

Ils sont en train de réparer cette erreur remarquable, c’était une injustice, mais ne partons pas en peur.

Robert Pichette, historien

Cette décision force désormais la ville à trouver un autre lieu pour commémorer la mémoire de M. Fréchet, un bâtisseur de Moncton au XXe siècle. S’il n’y a pas de solution de rechange, le parc gardera le même nom et des conseillers craignent d’autres débats houleux qui glissent rapidement sur la question linguistique.

« Ça ne devrait jamais devenir une question de français ou anglais [...] On aurait pu mieux procéder, mais maintenant on se trouve avec la possibilité d’honorer justement M. Fréchet », a déclaré le conseiller Charles Léger, qui avait voté en faveur du changement de nom en décembre.

Le dossier a refait surface lorsque le professeur de sociologie de l’Université de Moncton, Mathieu Wade, a profité des présentations publiques pour questionner les conseillers concernant cette décision.

La mairesse Arnold a tenté de couper court la discussion, lorsque M. Wade a demandé aux conseillers qui ont voté en faveur de ce changement de s’expliquer, mais en vain. Le conseiller Pierre Boudreau, résolument contre ce changement, a critiqué fermement la décision du conseil dans cette affaire.

Je reçois des demandes d’organismes acadiens à savoir si la Ville de Moncton était encore bilingue. Je suis déçu encore aujourd’hui.

Pierre Boudreau, conseiller municipal

« On va essayer de trouver un autre endroit propice pour le nommer en mémoire de ce grand Monctonien. Mais, je dois dire que nous n’avons pas de terrain présentement pour cela et n’avons pas de fonds pour les cinq prochaines années pour un nouveau parc », a déclaré M. Boudreau.

De la concurrence pour MH35?

Après l’intention du groupe MH35 de revitaliser l’édifice historique en centre culturel, un deuxième groupe a signifié son intérêt dans les derniers jours.

Le projet de Terra Trust et Bird Construction est privé et les conseillers n’ont pu en révéler les grandes lignes lundi soir. Toutefois, les élus devaient décider si oui ou non ils demanderaient à la province de recevoir la proposition d’achat du groupe, et ce, avant d’avoir vu les détails financiers du projet de MH35 qui souhaite transformer l’ancienne école en centre culturel.

Le conseil municipal, avec le vote décisif de la mairesse Dawn Arnold, a accepté d’envoyer le dossier au gouvernement provincial.

« Ma grande inquiétude, c’est qu’on a donné carte blanche à la province de faire ce qu’elle veut avec l’école, parce que l’autre groupe n’a pas besoin de financement. Une fois que c’est acheté, nous, on n’a plus un mot à dire », a déclaré Mme Thériault à la sortie de l’Hôtel de Ville.

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