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Deux points de vue au sujet des électeurs masqués ou voilés

L'initiatrice d'un événement Facebook invitant à voter voilé, en signe de protestation contre ce qu'elle juge être un flou dans la loi électorale fédérale, est surprise par le nombre de personnes qui ont fait concrètement ce geste au cours des derniers jours.

« J'ai vu que ça touchait les gens dans leurs valeurs profondes, dit Catherine Leclerc. Ça me rend heureuse que les gens aillent faire cet acte-là qui est sérieux, mais quand même avec un couvert d'humour. »

Reconnaissant la différence entre le vote et la prestation de serment à visage couvert, plus particulièrement en portant le niqab, qui a fait l'objet de débats durant la campagne électorale, Mme Leclerc y voit tout de même des questions touchant la vie démocratique. « On trouve que l'exercice de la démocratie devrait se faire dans la laïcité », dit-elle.

« Pour moi, en tant que femme, je me réveille le matin et si je peux me réveiller comme une femme libre... Il y a des batailles qui ont été faites avant moi par ma mère et ma grand-mère et qui ont fait en sorte qu'on a sorti la religion des chambres à coucher », affirme Mme Leclerc.

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Pour l'ex-ministre libéral au Québec Benoît Pelletier, de tels gestes de citoyens pourraient faire réagir les élus. « Je ne vois pas d'autres moments où le message pourrait être lancé aussi fortement », dit-il.

Le spécialiste des questions constitutionnelles estime toutefois que si on se fie à ses jugements passés, la Cour suprême privilégierait probablement la tolérance à l'interdiction totale. « Peut-être que la loi ne balise pas suffisamment les situations, nuance-t-il. Il y a des cas qui sont fondés sur la religion qui, éventuellement, pourraient être permis dans certaines circonstances, mais là, pour le moment, la loi ne fait pas de différence. »

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