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Deux points de vue sur Denis Coderre, trois ans après son élection

Qu'il soit un homme courageux qui rehausse le prestige de Montréal, selon l'un, ou un maire autoritaire sans vision, selon l'autre, le maire Denis Coderre célèbre ses trois ans à la tête de la métropole.

Un texte de Benoît Chapdelaine

Le 3 novembre 2013, M. Coderre avait été élu maire de Montréal avec 32 % des voix, devant Mélanie Joly (26,5 %), devenue par la suite députée fédérale, et l'ex-chef de Projet Montréal Richard Bergeron (25,5 %), maintenant membre du comité exécutif.

Radio-Canada a demandé à deux personnalités publiques de tracer un bref bilan de ces trois années du maire Coderre.

MICHEL LEBLANC, PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN

Au sujet de la corruption

« Il faut se rappeler [que] il y a trois ans, on était encore aux prises avec la corruption et la collusion. Est-ce qu'on a trouvé les solutions? [...] Trois ans après, on n'en parle plus.

« Le milieu des affaires lui-même a l'impression que les processus sont clairs, la population aussi, je pense, a cette perception. Je pense que c'est la réalité, que tout maintenant s'est assaini, qu'on vit dans une ville normale. »

Au sujet des travaux

« Il y a trois ans, on n'avait pas tous ces chantiers. Peut-être qu'on avait l'impression que tout allait bien, mais on sait aujourd'hui que les infrastructures se détérioraient à vitesse grand V.

« Le maire a eu le courage de dire : il faut réinvestir. On lui a demandé de mieux planifier les travaux, de mieux coordonner. »

Au sujet du centre-ville

Le maire aura un important défi à relever avant l'élection de novembre 2017, selon Michel Leblanc : attirer davantage de gens au centre-ville, entre autres grâce au 375e anniversaire de Montréal.

« Le centre-ville, c'est fondamental. On a une crainte sur l'affaiblissement des artères commerciales, on a aussi l'enjeu de l'accessibilité. Les banlieusards ont découvert de nouveaux endroits et veulent peut-être éviter la congestion au centre-ville. Il va falloir s'assurer que le centre-ville et Montréal est un endroit où on a envie d'aller. »

LUC FERRANDEZ, CHEF DE L'OPPOSITION OFFICIELLE A L'HÔTEL DE VILLE ET CHEF PAR INTÉRIM DE PROJET MONTRÉAL

Au sujet de la consultation

« C'est un homme qui agit seul. Il a modifié complètement le plan directeur des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, sans consulter personne.

« La STM va avoir 300 millions de moins d'investissements dans les trois prochaines années que ce qui était prévu dans son plan de développement, mais il va continuer de vous dire en pleine face que, pour lui, c'est important, le transport en commun.

« C'est un homme qui agit en fonction de ses intérêts, de ses projets soutenus par des amis, des alliés, comme la Chambre de commerce, mais il est complètement hermétique aux demandes de la société civile.

« On oublie que Gérald Tremblay a fait le plan de transport, qu'il a retiré l'échangeur Parc-Des Pins. Il s'appuyait sur des demandes de la société civile, qui allaient dans une direction. Pas Coderre.

« Il est dans une classe à part, M. Coderre. Il n'écoute que lui, il n'en fait qu'à sa tête. Malheureusement, les gens ne sont pas tous versés dans les enjeux municipaux, la société ne se révolte pas autant qu'elle devrait se révolter, à mon avis. »

Une force de Denis Coderre

« Il est partout, faut le faire, ce n'est pas tout le monde qui se donne autant que lui. »

Un reproche au maire Coderre

« Ce n'est pas un urbain, il ne connaissait pas les villes, il n'a jamais eu l'amour des villes, il n'a jamais écrit une ligne sur les villes, sur ce que devrait être une ville, en quoi c'est un milieu de vie, en quoi c'est un milieu d'attraction pour les entreprises. Toutes ces notions-là lui sont complètement étrangères. »

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