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Deuxième budget du PC : élimination de crédits d'impôt, changements « modérés »

Les progressistes-conservateurs (PC) du Manitoba déposeront mardi un deuxième budget qui continuera de mettre l'accent sur la gestion prudente des finances et le retour vers l'équilibre. Le gouvernement devrait annoncer, entre autres, l'élimination de crédits d'impôt, et un appui au logement pour les réfugiés.

Un texte de Camille Gris Roy

Le ministre des Finances Cameron Friesen avait laissé entendre qu’il y aurait des « décisions difficiles » lorsqu’il a annoncé la date du budget ce printemps. Le gouvernement PC insiste depuis son élection sur le fait que le statu quo « n’est pas durable », que « quelque chose doit céder », et que « tout le monde doit mettre la main à la pâte ».

Dans l'actualité récente, le gouvernement a notamment annoncé des restructurations en santé, avec la fermeture de trois services d'urgence à Winnipeg, et laissé la porte ouverte à la privatisation, par exemple, des services aériens de la province.

« On peut s'attendre à des mesures assez contraignantes, des coupures, des réorganisations », avance l'analyste politique Roger Turenne.

« Modéré », dit le gouvernement

Le gouvernement a été peu bavard sur la teneur du budget dans les derniers jours, mais indique toutefois qu’il restera modéré.

« Nous allons montrer aux Manitobains qu’il y a du progrès, a déclaré le ministre des Finances lundi. C’est un budget qui montrera que même aux stades préliminaires, ce gouvernement a obtenu des résultats. Alors il y a de bonnes nouvelles. »

Selon une source gouvernementale, la province annoncera des fonds supplémentaires, à travers le ministère des Familles, pour appuyer le logement pour les réfugiés. D’après cette source, le gouvernement fera ces investissements, car il ne voit pas suffisamment d’appui en ce sens de la part du fédéral.

Des changements du côté des avantages fiscaux sont aussi à prévoir. Sans donner de détails, le ministre Friesen a noté lundi que « tout le système de crédits d'impôt est très très cher […]. Il va falloir arranger ça. »

Le remboursement de l’impôt pour les frais de scolarité et l’avance sur ce crédit d’impôt devraient être éliminés, avec une période de transition. Selon les progressistes-conservateurs, l’objectif d’attirer des étudiants à suivre un programme d'études et rester dans la province n’est pas atteint. Le gouvernement voudrait plutôt se concentrer sur l’aide aux étudiants qui en ont le plus besoin, avec un programme de bourses d’études renforcées.

Roger Turenne reconnaît que l’élimination de ce crédit d’impôt est une option « facile ». « C’est comme ça qu’on fait des compressions. Si [Pallister] ne coupe pas ce programme c’est qu’il n'est pas vraiment sérieux quand il dit vouloir combattre le déficit. C’est un programme qui coûte cher - 50 millions de dollars par année - et qui n’atteint pas ses objectifs. »

L’analyste rappelle aussi que la marge de manoeuvre pour des compressions reste limitée : « Il y a 80-90 % des dépenses sur lesquelles il n’y a aucun contrôle. On ne peut pas fermer tous les hôpitaux de la province. C’est dans le dernier 10 % des dépenses provinciales que tout se joue. »

Quel type de conservateur?

Roger Turenne note que pour l’instant ce qui reste une grande interrogation, c’est quel type de conservateur est réellement Brian Pallister.

« Il y a deux sortes : il y a les libertariens qui veulent limiter l’action du gouvernement à l’image du gouvernement de Stephen Harper. Et au Manitoba, il ne faut pas oublier que c’est toujours les "progressistes-conservateurs" : le parti manitobain a toujours été modéré. »

« Est-ce que ce sera un budget à forte tendance idéologique, qui profite du déficit pour éliminer des programmes que la droite conservatrice n’aime pas? Ou est-ce que ce sera un budget pragmatique, plutôt centriste mais avec des coupures nécessaires pour avoir une bonne emprise sur les finances de la province? »

Opposition inquiète

L’opposition néo-démocrate pour sa part n’est pas optimiste sur le budget qui sera déposé. « Il y a déjà eu des bombes qui sont tombées, des compressions très douloureuses dans le système de soins de santé, en éducation, un sous-financement en infrastructure. Je m’attends à voir la même chose mardi », dit James Allum, porte-parole du NPD en matière de finances.

« Bien sûr notre espoir c’est que ça n'aille pas plus loin dans cette direction », dit-il, ajoutant que le NPD veut un budget qui « inclut tous les Mantobains ».

De leur côté, les libéraux du Manitoba ont mis l'accent sur une demande spécifique lundi : que le gouvernement augmente l'aide à l'emploi et au revenu à 75 % du seuil de pauvreté, une demande initiée par la coalition Make Poverty History.

Avec des informations de Sean Kavanagh

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