Le caucus du Nouveau Parti démocratique pour planifier la reprise des travaux parlementaires s'amorce aujourd'hui à Ottawa. Les élus se réunissent pour discuter stratégie, mais en coulisses, c'est la prochaine course à la direction qui pourrait faire le plus jaser.

Un texte de Louis Blouin

C’est confirmé, le premier débat des aspirants chefs aura lieu le 12 mars à Ottawa. Si la date est maintenant connue, le nom des participants ne l’est toujours pas! Personne ne s’est encore lancé dans la course à la succession de Thomas Mulcair. Le directeur national du NPD, Robert Fox, s’attend à ce que des candidats le fassent bientôt. « ll y aura une bonne diversité de candidats lors du débat à Ottawa », dit-il.

Des ténors du parti ont annoncé qu'ils ne se présenteraient pas, d'autres prennent le temps de bien réfléchir et de mesurer leurs appuis. La tâche s'annonce imposante. Faut-il s'étonner de leur manque d'empressement?

Les candidats doivent identifier les thèmes qui vont unifier les membres, divisés sur l'exploitation des combustibles fossiles notamment. Ils doivent proposer des façons de distinguer leur formation politique de l'adversaire libéral. Leur habilité à s'exprimer en français et leurs appuis au Québec seront aussi déterminants.

Qui sont les intéressés? Voici un aperçu des noms qui circulent.

Peter Julian

La candidature de ce vétéran du NPD est quasi certaine. Il est le seul à s'être formellement inscrit auprès d'Élections Canada et il s'est retiré de ses fonctions de leader parlementaire. Élu la première fois en 2004, Peter Julian a été porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, de ressources naturelles et de finances.

Certains atouts pourraient l'aider, dont le fait de parler français. Le député fédéral de New Westminster-Burnaby en Colombie-Britannique a également de bonnes racines au Québec, où il a passé plusieurs années.

Il a aussi été secrétaire général de l'aile québécoise du parti. M. Julian a un bon réseau qui pourrait contribuer à organiser sa campagne et à amasser des fonds.

Charlie Angus

La candidature officielle du député néo-démocrate de Timmins Baie-James ne devrait pas tarder non plus. Ses préparatifs vont bon train et il consulte électeurs, collègues et amis. M. Angus est très préoccupé par le sort des communautés autochtones.

Il a été actif auprès de la communauté d'Attawapiskat, située dans sa circonscription, après une vague de suicides et de tentatives de suicide.

Le député, élu la première fois en 2004, défend l'importance du bilinguisme pour le prochain chef. Il travaille à améliorer son français encore hésitant. Charlie Angus a occupé plusieurs postes de porte-parole et a quitté ses fonctions de président du caucus en novembre. Dans ses temps libres, M. Angus est aussi musicien dans un groupe de musique punk.

Niki Ashton

La députée manitobaine Niki Ashton pourrait-elle être la seule femme à se lancer dans la course? Elle n'a toujours pas confirmé ses intentions.

Actuellement porte-parole en matière d'emploi et de développement de la main-d'oeuvre, Mme Ashton est préoccupée par les questions qui touchent les jeunes, comme l'accès au marché du travail et aux études. Les conditions de vie des Autochtones et l’égalité entre les femmes et les hommes au Parlement figurent parmi ses priorités.

Élue pour la première fois en 2008, Niki Ashton a tenté sans succès de succéder à Jack Layton en 2011. Elle s'exprime dans quatre langues : l'anglais, le français, l'espagnol et le grec.

Guy Caron

Le nom du député de Rimouski—Neigette–Témiscouata–Les Basques est pour l’instant le seul en circulation au sein du caucus québécois. Guy Caron devrait faire connaître ses intentions à la mi-février, le temps de laisser son projet de loi privé cheminer aux Communes. Il faciliterait le transfert de petites entreprises entre les membres d’une famille.

Économiste, M. Caron est porte-parole en finances pour le NPD. Il a notamment critiqué la nouvelle banque d’infrastructure proposée par les libéraux. Un système qui s'apparenterait selon lui à une privatisation des infrastructures publiques. Le député milite aussi pour une lutte plus musclée contre l’évasion fiscale.

M. Caron connaît bien le parti. Il écrivait des discours et des communiqués pour Jack Layton en 2002 lors de sa course à la direction.

Jagmeet Singh

Cette étoile montante du NPD ontarien pourrait venir brouiller les cartes. Ce n'est sans doute pas un hasard s'il a fait une apparition à la fête de Noël du NPD fédéral à Ottawa. Peut-être pour mesurer ses appuis? Le député de 38 ans, membre de la communauté sikhe, est chef adjoint du NPD de l'Ontario.

L'avocat criminaliste s'est battu pour réduire les coûts de l'assurance automobile dans la province et améliorer les conditions de travail précaires liées aux agences de placement temporaire.

M. Singh, peu connu en dehors de la région de Toronto, parle français. Il raconte ouvertement avoir été victime de racisme dans sa jeunesse. L'élu, très actif sur les médias sociaux, est connu pour son style vestimentaire soigné, ses turbans colorés et sa passion pour les arts martiaux.

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