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Dissension entre les Métis du Canada; un nouveau conseil se forme

Les Métis du Canada peuvent maintenant être représentés par une toute nouvelle organisation. Le Conseil du premier peuple métis du Canada accepte, depuis le 19 décembre dernier, les demandes de reconnaissance de statut.

Un texte de Mathieu Grégoire

Le groupe s'est formé officiellement en novembre après que huit membres administratifs de la Fédération des Métis du Canada aient quitté l'organisation. Karole Dumont-Beckett est l'une d'eux. Elle est maintenant chef du nouveau Conseil du premier peuple métis qu'elle a cofondé.

Notre plus gros point c'est l'intégrité de notre registre. Moi je suis une registraire, j'ai été la registraire de deux autres organisations et c'est très très important que quand on donne une carte de membre à quelqu'un, que cette personne-là a été capable de prouver sans équivoque qu'elle est bel et bien métisse.

Karole Dumont-Beckett, chef, Conseil du premier peuple métis du Canada

La chef Dumont-Beckett reproche à d'autres associations métisses au pays de ne reconnaître les origines métisses d'une personne que si ses descendants viennent de la région de la rivière Rouge au Manitoba. Le Conseil se donne donc comme premier objectif de se faire la voix de ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette définition identitaire.

On veut faire comprendre aux gens, au public en général et au gouvernement que les métis existent au Québec, existent dans les Maritimes, existent dans l'Est de l'Ontario. Eux aussi, ils ont des droits.

Karole Dumont-Beckett, chef, Conseil du premier peuple métis du Canada

Des objectifs divergents

La Fédération métisse du Canada se défend d'avoir une définition « élargie » et « inclusive » des origines des métis. Une porte-parole reconnaît tout de même que des divergences d'opinions au sein du personnel pourraient être à l'origine du départ en bloc de huit membres administratifs.

Je respecte leur décision, leurs opinions. On est tous, sauf le registraire, des bénévoles. On a tous des opinions, du vécu différent et probablement aussi des attentes différentes quant à l'identité et quant aux revendications des métis.

Johanne Brissette, porte-parole, Fédération métisse du Canada

Dans ce contexte, la naissance du nouveau Conseil du premier peuple métis ne surprend pas le spécialiste en droit autochtone, Sébastien Grammond.

« Étant donné qu'il n'y a pas dans la Constitution canadienne de définition précise de ce que veut dire le mot « Métis », ça laisse le champ libre à toutes sortes d'associations de se dire métisses. », affirme-t-il.

Ceux qui souhaitent s'associer à des associations métisses doivent avoir des attentes réalistes, prévient Sébastien Grammond. Selon lui, la Métis Nation est l'un des seuls regroupements reconnus par les gouvernements. « En l'absence de reconnaissance gouvernementale, dit-il, c'est difficile pour ces associations de développer une organisation solide. »

Et sans une solide réputation auprès du gouvernement, les revendications sont loin d'être gagnées, selon l'expert.

La fameuse carte de membre ne sera pas reconnue ni par les gouvernements ni par les tribunaux, elle ne donne pas droit à une exonération fiscale, elle ne donne pas de droit de chasse et de pêche.

Sébastien Grammond, professeur de droit, Université d'Ottawa

Des premières cartes en janvier

Le Conseil du premier peuple soutient avoir déjà reçu des centaines de demandes d'adhésion. Les premières cartes de membres devraient être émises au début janvier.

Le Conseil tiendra sa première Assemblée générale annuelle au printemps et s'attend à ce moment à représenter près de 10 000 Métis.

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