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Donald Trump au coeur des débats de la droite canadienne

La victoire de Donald Trump s'est invitée à la conférence Manning, ce grand rassemblement de la droite canadienne à Ottawa. Si bien des conservateurs s'entendent pour dire qu'il faut en tirer des leçons, plusieurs rejettent l'idée d'importer l'ensemble de la recette Trump au Canada.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Trois jeunes membres du Parti conservateur tenaient visiblement à ce que la victoire de Donald Trump en novembre soit abordée pendant la conférence. Leurs casquettes rouges, portant le slogan Make America Great Again, étaient bien visibles.

Même si les gens ne sont pas nécessairement en accord avec le style de M. Trump, c’est clair qu’il a réussi. En tous cas aux États-Unis.

Alexander Walsh, militant conservateur

Frustrations de l’électorat

Vendredi matin, l’organisateur de la conférence, l’ancien chef du Parti réformiste, Preston Manning, a justement abordé le sujet.

« La réponse à la trumpomanie n’est pas la trumpophobie », a-t-il lancé. Son message aux aspirants chefs et à l’ensemble des membres du parti : il ne faut pas craindre le mouvement qui a porté Donald Trump au pouvoir, mais s’y intéresser en tentant de comprendre les frustrations de certains électeurs.

C’est le message qu’a retenu le député conservateur Gérard Deltell.

Si on peut retenir quelque chose soit de M. Trump, soit de ce que M. Manning a dit, c’est justement de prendre au sérieux chaque fois qu’un citoyen nous interpelle sur un sujet qu’on peut prendre à la légère.

Gérard Deltell, député conservateur de Louis-Saint-Laurent

Le désenchantement d’une partie de l’électorat a été abordé lors de quelques ateliers pendant la conférence, vendredi. L’un d’eux portait sur le rapport aux élites, alors qu’un autre s’intitulait « Est-ce que le trumpisme peut être exporté au Canada? Ou y est-il déjà? ».

L’universitaire américain qui a présenté cet atelier, un partisan du président américain, rappelle que les institutions et les possibilités d’avancement sont bien différentes de part et d'autre de la frontière.

L’idée de l’Amérique, c’est que peu importe d’où l’on vient ou quelle est notre couleur, nos enfants auront plus de chances que nous. Cela n’existe plus aux États-Unis. Cela existe au Canada.

Frank Buckley, professeur à l'Université George Mason

Tirer des leçons, sans imiter

À la conférence Manning, l’idée de s’inspirer de Donald Trump est loin de faire l’unanimité.

Si beaucoup reconnaissent qu’il faut tirer des leçons de sa victoire et s’adapter à ses politiques économiques, certains militants conservateurs veulent garder leurs distances des politiques de l’administration Trump en matière d’immigration.

« Je pense que beaucoup de personnes, que pour les jeunes, l’immigration est très importante », lance par exemple le jeune membre Alexander Zafiris.

Débat conservateur

Les conséquences de la nouvelle administration américaine ont également été abordées par les candidats à la direction du parti qui se sont affrontés dans un débat, vendredi après-midi.

L’importance de diminuer le fardeau fiscal des entreprises et des contribuables pour rendre le Canada compétitif par rapport aux États-Unis a souvent été évoquée.

Les 14 candidats à la direction du parti doivent s’affronter dans un autre débat mardi prochain, à Edmonton.

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