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Donald Trump au Dakota du Nord : des Américains peu inquiets des tensions canado-américaines

Au nord de la frontière canado-américaine, les tensions commerciales entre les deux alliés ont semé la confusion parmi les dirigeants politiques, incité les économistes à prévoir une récession et poussé certains consommateurs à changer leurs habitudes de consommation au cours des dernières semaines. Par contre, au sud de la frontière, la population ne semble pas être inquiétée outre mesure.

« Je pense que tout ira bien, c'est un problème en ce moment et tout le monde s’inquiète, mais tout ira bien, tout le monde sera plus fort après », affirme Jeff Jones, un habitant du Dakota du Nord qui se décrit comme conservateur. « Le Canada est un excellent partenaire. »

Mercredi soir, le président américain Donald Trump organise un rassemblement à Fargo, la plus grande ville du Dakota du Nord, un état où 64 % des électeurs ont soutenu le leader républicain en 2016.

Le Dakota du Nord est aussi l'État américain qui dépend le plus du commerce avec le Canada. Près de 84 % des exportations de l'État se retrouvent au nord de la frontière, tandis que 53 % des importations proviennent du Canada.

Cependant, la décision de la Maison-Blanche d'imposer des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, les mesures similaires promises par le Canada et la dégradation des relations entre Donald Trump et le premier ministre Justin Trudeau n'ont pas encore ébranlé la population américaine.

« Je pense que notre gouvernement fait ce qu'il y a de mieux pour les États-Unis », affirme Dana Kaldor, un agriculteur de Mayville, au sud-ouest de Grand Forks.

Les tensions commerciales ne sont pas une préoccupation majeure pour lui ou la plupart des autres producteurs agricoles. Il admet cependant que l'image de son pays est en train de changer.

Conséquences sur le tourisme

Les tensions entre le Canada et les États-Unis auraient également un impact immédiat sur le tourisme au Dakota du Nord. Sara Otte Coleman, responsable du tourisme pour le département du commerce du Dakota du Nord, estime que le nombre de visiteurs canadiens est en baisse.

L’achalandage a chuté de 10 % en 2017, par rapport à l'année précédente. Elle dit qu'une légère baisse a été observée cette année, mais elle est incertaine quant à la cause.

« Des facteurs comme le taux de change, ou même les tensions politiques ou sociales peuvent jouer un rôle dans la décision des gens de traverser la frontière », a-t-elle dit.

« Cependant, nous sommes encouragés par une augmentation du nombre de demandes de renseignements au sujet de voyages au Dakota du Nord et une augmentation de la réponse numérique des Canadiens aux campagnes de publicité en ligne. »

La population divisée

« Votre gars fait ce qu'il croit être le mieux pour son peuple, tout comme le nôtre », a déclaré Gary Foster, un touriste de Chicago qui a ajouté qu'il ne croyait pas que les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis étaient importantes. Il ajoute que selon lui, les nouvelles mesures commerciales étaient nécessaires depuis longtemps.

Le professeur d'anglais de l'Université North Dakota State, Adam Goldwyn, a toutefois exprimé plus de sympathie pour le Canada.

« Justin Trudeau et le gouvernement canadien ont été polis, accommodants et beaucoup plus disposés à essayer de trouver une solution rationnelle. », ajoute M. Goldwyn.

Mercredi soir, le président américain pourrait profiter de sa proximité au Canada pour lancer des attaques, mais Donald Trump pourrait plutôt être tenté de s’en prendre au Parti démocrate, alors que les républicains espèrent arracher un siège au Sénat de leurs rivaux cet automne au Dakota du Nord.

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