Les démocrates ont remporté les états de la Nouvelle-Angleterre, mais pas les clés de la Maison-Blanche. Alors que le républicain Donald Trump sera assermenté 45e président des États-Unis, les électeurs du Maine sont partagés entre espoir et inquiétude.

Dans la campagne du Maine à Bingham, les électeurs ont majoritairement voté pour Donald Trump, pourtant il est difficile de trouver des partisans du nouveau président.

Le professeur de français à l’école secondaire Joseph Garbowsky explique les gens du « Nord » considèrent que le nouveau président trouvera des emplois. « Je pense qu'il a dit ce que les gens voulaient entendre, mais je ne crois pas aux contes de fées », dit-il.

Au contraire, M.Garbowsky considère que les gens ont peur maintenant pour les plus pauvres, les personnes âgées, pour les personnes qui ont besoin de soins médicaux. « Je ne pense pas que Donald Trump sera bon pour ces personnes qui ont des besoins », estime le professeur.

« Il y a presque 100 000 personnes qui reçoivent l'Obamacare dans cet État de 1,3 million d'habitants [...] Avant l'Obamacare, les gens n'avaient pas d'assurance, alors ce sera comme dans le passé il y aura plus de souffrance, plus de morts, de cancers non traités, de médicaments trop chers pour pouvoir les payer », rajoute ce dernier.

Les besoins sont énormes et le seront encore plus dans le futur. Le Maine est l’état avec la population la plus vieillissante et l'une des régions les plus pauvres au pays.

À la station-service du village, Arthur LeBlanc, qui a des origines acadiennes comme bien des gens dans la région, maudit le nouveau président. « Un pays qui peut se payer de nouvelles bombes nucléaires, mais pas d'assurance santé c'est immoral », tranche-t-il.

De son côté, Heather McKinnon, la gérante du magasin dit qu’elle est inquiète pour l'immigration, pour les femmes, elle critique l’attitude de Donald Trump. Selon elle, les gens copient les personnes en position d'autorité et ça peut vite devenir dangereux.

Loin des campagnes à l'Université du Maine à Orono, on retrouve Claire Fouchereaux. Une partisane déçue du social-démocrate Bernie Sanders. Elle représente ces jeunes qui ont peur du nouveau président, mais n'ont pas l'intention de se laisser faire.

Comme président, il fait peur à beaucoup d'Américains à cause de ces positions politiques et demain ce ne sera pas une célébration.

Claire Fouchereaux, étudiante, Université du Maine

« En ce moment, il y a beaucoup de désespoir, alors on espère changer cela en motivation politique, en engagement [...] J'espère pouvoir m'engager plus politiquement, contacter avec les membres du congrès Washington pour laisser savoir mes opinions et de ne pas oublier », soutient Mme Fouchereaux.

Le Maine est un état profondément divisé, les électeurs ont voté pour les démocrates qui ont gagné avec une faible majorité, mais le gouverneur de l'état est Républicain et un fervent partisan de Donald Trump. Les deux hommes ont le même style fait remarquer le courriériste parlementaire du Bangor Daily News.

« L'hostilité envers les médias est une stratégie que plusieurs politiciens utilisent. Paul LePage le dit ouvertement. Donald Trump exploite lui aussi ce mécontentement », explique Michael Shepherd, courriériste parlementaire pour le Bangor Daily News.

Mais selon le journaliste, le style n'est pas synonyme de résultat ni du retour à la prospérité dans la région. « Ça va être très dur à faire surtout avec le nombre de papetières qui ont fermé, [...] ça reste à voir je suis toujours sceptique des promesses de politiciens », dit-il.

Selon Joseph Garbowsky, l'arrivée de Donald Trump, qui a promis de déchirer l'assurance santé Obamacare, va faire mal aux États plus pauvres comme le Maine.

De son côté, Joseph Garbowsky, considère que l'élection de Donald Trump a agi comme un électrochoc, il a maintenant l'intention de militer pour sauver l'assurance santé.

« J'étais à moitié endormi avant les élections, maintenant, après c'est une façon pour moi d'être plus actif, de prendre des panneaux, de manifester, je pense qu'on va en voir beaucoup plus dans les prochaines années », soutient-il.

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