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Données du recensement : l'anglais langue maternelle finalement en baisse au Québec

Après la publication, la semaine dernière, de données du recensement portant à croire que l'anglais serait en forte hausse dans plusieurs régions du Québec, Statistique Canada a corrigé le tir, jeudi. L'organisme parle maintenant d'un recul de la langue de Shakespeare.

Selon ces nouvelles données, la proportion de Québécois ayant l'anglais comme langue maternelle serait ainsi passée de 7,7 % en 2011, à 7,5 % l'an dernier.

La première version des informations publiées par Statistique Canada faisait plutôt état d'une croissance à 8,1 %, un résultat qui avait provoqué une certaine commotion.

Une correction similaire est apportée à la proportion de Québécois parlant principalement anglais à la maison; la semaine dernière, le taux était passé de 9,8 % à 10,4 %. Maintenant, on parle, là aussi, d'une diminution, cette proportion reculant à 9,7 %.

Les données ont été corrigées après la découverte d'un problème informatique qui a fait en sorte que quelque 61 000 Québécois, identifiés comme francophones, avaient plutôt été classés comme anglophones.

Ce problème a principalement affecté des francophones du Québec. Statistique Canada leur avait demandé de fournir des informations supplémentaires lorsqu'ils ont rempli le questionnaire du recensement. Les cases pour les deux langues officielles étaient placées dans un ordre différent dans les versions francophone et anglophone des questionnaires, ce qui a entraîné l'erreur de calcul.

« Nous voulons présenter le choix le plus probable en premier », indique Jean-François Lepage, analyste principal des questions linguistiques chez Statistique Canada.

Celui-ci précise que cette directive s'applique à l'ensemble du gouvernement fédéral. « De façon générale, c'est très bien intégré dans les systèmes », ajoute M. Lepage.

Croissance inexpliquée

Statistique Canada a découvert l'erreur après que des questions eurent été soulevées par des groupes anglophones du Québec, qui étaient incapables d'expliquer la forte croissance du nombre de locuteurs anglophones dans plusieurs communautés d'expression majoritairement française de la province.

« Les erreurs sont rares, mais elles peuvent se produire », a reconnu pour sa part Marc Hamel, directeur général du programme de recensement, lors d'une séance d'information jeudi matin.

Une révision des systèmes sera ainsi effectuée pour éviter que des problèmes ne surviennent lors de futurs recensements, assure-t-on chez Statistique Canada.

Apprendre des erreurs

Pour Jack Jedwab, vice-président directeur de l'Association d'études canadiennes, le correctif apporté par Statistique Canada représente un « changement extrêmement important » du portrait linguistique au pays.

En entrevue sur les ondes de RDI, ce chercheur montréalais, qui avait été le premier à soulever des doutes sur la véracité des premières données publiées par l'organisme fédéral, s'est dit satisfait du processus suivi par Statistique Canada afin de corriger les données erronées.

M. Jedwab croit cependant qu'une introspection sera nécessaire pour déterminer les processus devant être mis en place pour éviter que de telles disparités ne refassent leur apparition.

Le chercheur est malgré tout heureux de constater que Statistique Canada se montre ouvert à consulter des experts à l'avenir pour éviter d'autres surprises du genre.

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