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Dossiers médicaux électroniques : Fredericton veut plus d’argent d’Ottawa

L’organisme fédéral subventionnaire a cessé de transférer des fonds au Nouveau-Brunswick le 1er avril 2015, si bien que l’intégration des dossiers médicaux électroniques (DME) a ralenti comparativement aux années précédentes.

Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick affirme qu’un prolongement de la subvention permettrait à des médecins qui ne sesont pas inscrits au programme avant la date limite du 31 mars 2015 d'être admissibles et de remplacer les médecins inscrits qui ne pourront utiliser les DME en raison, par exemple, de maladie, d'un départ ou d'un changement de pratique.

« On n’a pas encore eu de réponse à notre demande. Ça se discute, mais on n’a pas eu de réponse définitive », a confié à Radio-Canada le ministre de la Santé, Victor Boudreau.

Pour sa part, Inforoute Santé Canada se fait avare de commentaires dans ce dossier. Le porte-parole de l’agence fédérale, Dan Strasbourg, affirme que « les discussions présentement visent à s’assurer que la province puisse prendre l’argent que nous lui avons alloué » jusqu’en 2017.

En 2013-2014, le ministre de la Santé Hugh Flemming avait affecté 6,3 millions de dollars au programme de DME. En 2016-2017, le ministre Boudreau lui a consacré 630 000 $, soit dix fois moins que trois ans plus tôt.

« Évidemment, avec des budgets restreints, on fait des choix et on veut s’assurer que l’ensemble du système de santé continue à fonctionner à son plein potentiel. Mais, c’est certain qu’avec l’aide du fédéral [...], il y a une partie de ces argents qui auraient pu aller dans cette initiative », explique le ministre Boudreau.

Nous avons une réalité économique et il faut faire des choix. On met ce qu’on peut dans ce dossier là, et si on peut en mettre plus, on va en mettre plus.

Victor Boudreau, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick

Des coûts importants pour des économies à long terme

Actuellement, si un médecin souhaite implanter les dossiers médicaux électroniques dans sa clinique, cela lui coûte 4000 $ et des frais mensuels de 195 $. Le gouvernement provincial subventionne le passage au DME à hauteur de 8000 $ et Inforoute Santé Canada, à 12 000 $ par clinique.

La Société médicale du Nouveau-Brunswick affirme que les avantages économiques sont « importants » pour les médecins propriétaires. En 2015, Inforoute Santé Canada estimait à 200 millions de dollars les avantages générés par les DME à l’échelle nationale. S'il y avait une numérisation complète dans le système de santé canadien, on évalue à 16 milliards de dollars la valeur retirée de ces investissements.

En ce moment, 245 médecins néo-brunswickois ont adopté les DME, soit moins de la moitié des médecins de la province. La vaste majorité se trouve à Moncton, Fredericton et Saint-Jean.

En 2014, le Sondage national des médecins révélait que les médecins du Nouveau-Brunswick sont ceux qui utilisent le plus les dossiers papier dans leur clinique parmi tous les médecins canadiens.

Le sondage indiquait que 37,9 % des 1539 répondants utilisaient uniquement des dossiers papier, contre 14,1 % qui utilisaient seulement les dossiers électroniques pour entrer et récupérer les données cliniques sur les patients. 48 % des médecins utilisaient les deux méthodes.

En Nouvelle-Écosse, le ministère de la Santé soutient que plus de 70 % des médecins de famille et plus de 40 % des spécialistes communautaires utilisent des DME.

Aujourd’hui, les informations médicales d'un peu plus de 350 000 Néo-Brunswickois sont numérisées. Le programme de dossiers médicaux électroniques est lié au dossier de santé électronique dans les hôpitaux de la province, les centres de santé communautaire et les pharmacies.

D’ailleurs, le ministre Boudreau assure que toutes les pharmacies de la province seront à l’ère numérique d’ici la fin de l’année. Toutefois, aucun échéancier n’a été établi pour les dossiers médicaux électroniques dans les cliniques privées et tout dépendra du financement d’Inforoute Santé du Canada.

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