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Doug Ford menace l'existence les centres d'injection supervisée

L'avenir des centres d'injection supervisée ontariens est incertain. L'inquiétude règne chez les intervenants de première ligne et les toxicomanes depuis l'élection de Doug Ford, le 7 juin dernier. Durant sa campagne électorale, il a déclaré qu'il était contre l'idée des centres d'injection supervisée et préférait investir dans la désintoxication.

Cuz (pseudonyme que CBC lui a donné pour protéger son identité) est un homme de 45 ans et un consommateur de drogue depuis des dizaines d'années.

Il a fait six surdoses, raconte-t-il assis près du centre d'injection supervisé du parc Moss, au centre-ville de Toronto.

Certaines personnes viennent ici parce qu'elles ont eu un accident de voiture, parce que leur médecin leur a prescrit leurs médicaments et maintenant elles ont cette dépendance aux opioïdes. Je vois des médecins ici, des avocats, des enseignants, dit Cuz.

Il raconte avoir vu plusieurs amis perdre la vie, y compris une femme qui est morte dans ses bras, dans le parc.

L'année dernière, plus de 300 personnes sont mortes d'une surdose à Toronto, selon les chiffres du Bureau du coroner de l'Ontario. Une augmentation de 60 % par rapport à 2016.

Au centre du parc Moss, plus de 200 surdoses ont pu être inversées depuis qu'il a ouvert ses portes en août 2017.

Cuz espère que le soutien provincial pour les centres d'injection supervisée et les programmes de réduction des risques liés à la consommation de drogue continuera de s'accroître et ne diminuera pas.

Mais comme plusieurs autres consommateurs et intervenants dans le milieu de la dépendance, la désintoxication et la prévention, il est inquiet.

Des centres d'injection supervisée comme celui du parc Moss au centre-ville de Toronto sont menacés par l'éventuel retrait d'un financement provincial.

Un investissement de 3,5 millions de dollars a été fait par la province pour les centres de Toronto l'an dernier, mais le nouveau gouvernement pourrait changer les choses.

Doug Ford contre les centres d'injection supervisée

Si votre fils, votre fille ou un proche a un jour une dépendance, voudriez-vous qu'il aille dans un coin consommer plus de drogue? Je suis complètement contre ça, avait dit Doug Ford en avril dernier, pendant sa campagne électorale.

Il avait aussi déclaré qu'il allait plutôt mettre l'accent sur la désintoxication des consommateurs de drogue.

Le premier ministre désigné a réitéré la semaine dernière sa promesse d'un financement de 1,9 milliard de dollars sur dix ans pour les soins en santé mentale, la dépendance et l'aide au logement.

Toronto peut-elle faire pression sur la province?

Le conseil municipal, Joe Cressy, compte présenter une requête au comité de santé publique de Toronto lors de sa réunion de lundi pour que la Ville fasse pression sur la province et l'incite à miser sur les mesures de prévention, de réduction des risques et les traitements.

Le comité doit aussi débattre d'un rapport de la Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste en chef de Toronto qui dit que Toronto continue à faire face à une urgence d’empoisonnement aux opioïdes.

Joe Cressy espère que le gouvernement conservateur continuera de financer les mesures de réduction des risques de surdose, malgré les commentaires de Doug Ford critiquant les centres d'injection supervisée.

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