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Doug Ford n'a pas hérité d'un parti désorganisé, affirme Patrick Brown

L'ancien chef du Parti progressiste-conservateur Patrick Brown a gardé un profil relativement bas depuis qu'il a quitté son poste de leader en janvier. Dimanche soir, quelques heures avant le dernier débat des trois chefs avant l'élection, M. Brown a brisé le silence en accordant une entrevue à CBC News à Toronto pour parler de la campagne des conservateurs.

Patrick Brown souhaitait ainsi se défendre face aux attaques du chef conservateur Doug Ford, dont il a été la cible régulièrement au cours des derniers mois.

Questionné à multiples reprises sur les problèmes du parti avec les nominations Doug Ford a invité la presse à contacter son prédécesseur, le véritable responsable de cette situation selon lui.

« Vous voulez obtenir des réponses à ce sujet, Patrick Brown était le chef de file de tout ce groupe », a déclaré M. Ford lors d'un événement tenu plus tôt ce mois-ci à Baysville, en Ontario.

Doug Ford faisait référence aux allégations envers le candidat déchu de la circonscription de Brampton-Est, Simmer Sandhu qui a brusquement démissionné à la mi-mai. Cette démission survenait quelques heures après que son ancien employeur eut annoncé qu'il enquêtait sur une violation de données internes touchant 60 000 clients.

La démission de M. Sandhu n'est pas le seul nuage à la campagne de M. Ford. En février, le parti a annulé deux nominations à Scarborough Centre et Ottawa West-Nepean à la suite de rapports d'irrégularités électorales.

Questionné sur ces nominations, M. Brown considère que cela est « tellement frustrant ».

Il dit avoir demandé à Élections Ontario d'organiser des mises en candidatures afin d'éviter qu'il y ait des allégations de manipulation des membres.

« Une équipe dirigée par des bénévoles n'est pas suffisamment équipée pour organiser des nominations », estime-t-il.

Selon lui, les enjeux sont aussi alléchants. « L'occasion de devenir un député et la possibilité de faire partie d'une équipe gagnante [...] les gens peuvent aller loin pour gagner ces nominations », dit-il.

M. Brown s'est toutefois abstenu d'impliquer directement M. Ford dans les controverses qui ont entouré certaines de ces nominations en question, mais a rappelé que ce dernier avait participé activement au processus, comme à Etobicoke et Scarborough.

Patrick Brown défend son bilan

Patrick Brown affirme par ailleurs qu'il a laissé le parti en bonne posture lors de son départ précipité en janvier dernier.

« Quand j'ai quitté le parti, nous avions une avance de 20 points dans les sondages, un avantage financier important, le plus grand nombre de membres, des adhérents très diversifiés dans l'ensemble de la province. Nous remportions beaucoup d'élections partielles. C'est une élection que le parti ne devrait pas perdre. »

Cet avantage pour le Parti progressiste-conservateur semble s'être évaporé au fil de la campagne. Le 13 janvier, soit moins de deux semaines avant la démission de M. Brown, un sondage de CBC Poll Tracker donnait une avance de 12,5 points au parti par rapport aux libéraux. Le NPD, pour sa part, arrivait en troisième position, avec 22 % des intentions de vote.

Le 11 mars, au lendemain de l'élection de Doug Ford comme chef conservateur, le parti détenait une avance de 20 points sur les libéraux. Les néo-démocrates traînaient loin derrière avec 24 %.

Mais lundi, au lendemain du dernier débat des chefs, les conservateurs recevaient 35,9 % des intentions de vote, le NPD 35,2 %, toujours selon les sondages de CBC.

Selon M. Brown, compte tenu de l'avance que le parti avait en début de campagne, s'il n'est pas élu avec un gouvernement majoritaire, cela ressemblera à un échec.

Pas des « amis proches »

M. Brown reconnaît que Doug Ford et lui ne sont pas « particulièrement proches ». Il ajoute que M. Ford est plus à droite, tandis que lui se considère davantage comme étant un « progressiste ».

Selon lui, le fait que M. Ford le critique souvent en parlant d'un « désordre » laissé au sein du parti à son arrivée est une idée fausse.

Aucun membre du camp de Doug Ford ne commentera les propos de M. Brown, selon CBC. Un officiel proche de la campagne a toutefois suggéré que M. Brown essayait de réhabiliter son image publique.

Pour un retour à la politique?

M. Brown ne l'exclut pas.

« Je ne vais pas prendre de décision rapide, j'aime la fonction publique malgré tout ce que j'ai vécu et je crois que la politique et la fonction publique peuvent être un moyen de faire du bien à la communauté. Mais je me sens très chanceux d'avoir des amis, une famille et une bonne santé. Et je profite de la vie », conclut-il.

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