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Duceppe affirme viser « beaucoup plus » qu'une trentaine de circonscriptions

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ne fait pas de stratégie ouverte et dément que seulement une trentaine de circonscriptions soient ciblées par le parti souverainiste dans la présente campagne électorale, contrairement à ce qu'a indiqué un porte-parole bloquiste à Radio-Canada.

« J'ai appris ça ce matin », a répondu M. Duceppe en point de presse à Varennes, mardi. Le chef bloquiste a laissé entendre que ce plan existait avant qu'il arrive à la tête du Bloc québécois, en juin dernier, mais qu'il avait été abandonné depuis.

À titre d'exemple, il a souligné qu'il avait fait trois visites dans la région de la Capitale-Nationale, où le Bloc entretiendrait peu d'espoirs, selon nos informations.

M. Duceppe a ajouté qu'il visiterait notamment l'Abitibi, l'Outaouais et la région de Chaudière-Appalaches d'ici le 13 septembre prochain. Il a toutefois reconnu, non sans une pointe d'humour, que des circonscriptions comme Westmount-Ville-Marie, dans l'ouest de Montréal plus anglophone, n'était pas dans la ligne de mire du Bloc.

« J'ai joué au football. La pire des choses, quand la partie est le dimanche, c'est de publier le plan de match le samedi », a illustré Gilles Duceppe.


Confronté à un contexte politique difficile, le Bloc québécois investira le gros de ses ressources dans une trentaine de circonscriptions. La majorité des cibles prioritaires sont dans l'Est du Québec et dans le 450, selon les informations obtenues par Radio-Canada.

« On a présenté notre plan aux gens au début de la campagne, et les gens y ont adhéré. Alors, on ne voit pas pourquoi on dérogerait de ce plan-là », affirme le porte-parole Dominique Vallières. Le Bloc refuse de dire qu'on largue les autres circonscriptions, mais on comprend qu'on vise surtout les anciens châteaux forts.

Rappel historique, critiques actuelles

Le chef bloquiste prenait la parole mardi pour rappeler les démarches entreprises par le Bloc québécois, au tournant des années 2000, pour permettre à plus de 40 000 aînés de toucher en moyenne 4500 $ de plus par année grâce au supplément de revenu garanti.

Ayant appris que de nombreux aînés n'étaient tout simplement pas au courant de l'existence de ce programme, le Bloc avait lancé une opération pour retrouver ces personnes et les aider à remplir de formulaire.

M. Duceppe a affirmé qu'il s'agissait d'un exemple de ce que son parti pouvait faire pour le Québec, ajoutant que les Québécois avaient « cessé de faire des gains à Ottawa » depuis l'élection d'une soixantaine de députés néo-démocrates en 2011.

Le chef bloquiste a énuméré plusieurs dossiers où le Nouveau Parti démocratique, selon lui, va à l'encontre des intérêts du Québec. Il a toutefois dû commenter une vérification faite par le quotidien Le Devoir, concluant que les néo-démocrates avaient appuyé 85 % des motions unanimes adoptées à l'Assemblée nationale.

Gilles Duceppe a rappelé certains des désaccords du NPD avec le Québec, notamment sur l'éventuelle création d'un ministère des Affaires municipales, le registre des armes à feu et l'aide au projet hydroélectrique du Bas-Churchill, à Terre-Neuve-et-Labrador, retournant même jusqu'au rapatriement de la Constitution de 1982.

En point de presse à Kelowna, en Colombie-Britannique, le chef du NPD, Thomas Mulcair, a évoqué la nécessité de changer les « habitudes du passé ». « J'ai hâte que les progressistes au Québec, qui ont élu majoritairement les néo-démocrates aux dernières élections, puissent joindre leur voix et leur expérience aux progressistes du reste du Canada, comme ici en Colombie-Britannique, pour bâtir, pour avoir une autre approche », a-t-il déclaré.

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