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Écarter une convergence avec le PQ est « malhabile », disent des têtes d'affiche de QS

Des têtes d'affiche de Québec solidaire mettent en garde les membres de la formation politique contre le risque de rejeter toute convergence avec le Parti québécois.

Un texte d'Hugo Lavallée

Selon le candidat au poste de porte-parole masculin du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, Québec solidaire doit « éviter à tout prix » de « porter l'odieux, qu'on puisse être blâmé pour avoir fait capoter le processus de discussion avec le Parti québécois ».

Lors de son entrée en politique, M. Nadeau-Dubois avait pourtant paru jeter une douche froide sur tout rapprochement avec le Parti québécois en déclarant avoir « de la misère à suivre Jean-François Lisée » et en accusant la classe politique actuelle d'avoir « trahi le Québec ».

Il n'empêche que durant un événement tenu dans la circonscription de Jean-Lesage le 9 avril dernier, et dont des extraits vidéo ont été mis en ligne sur les médias sociaux, M. Nadeau-Dubois a soutenu que la « proposition A », qui sera soumise aux délégués de Québec solidaire lors du prochain congrès de la formation politique et qui vise à écarter toute convergence avec le Parti québécois, est « malhabile ».

« Le risque avec la proposition A, c'est que ce soit interprété comme le fait qu'on claque la porte, qu'on refuse tout dialogue, et je pense que ça nous expose, ça, à un backlash, à une réaction très négative de la part d'une bonne partie de l'électorat qui s'attend à ce qu'on soit capables à tout le moins de s'asseoir, de discuter avec le Parti québécois », a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois.

Le candidat a précisé ne pas avoir de « sympathies » pour le Parti québécois, mais dit croire en la nécessité de « sortir des cercles militants » pour « se mettre à l'écoute » des électeurs. Québec solidaire ne doit toutefois pas devenir un « escabeau » pour le PQ, ni se positionner « comme le petit frère du Parti québécois », a-t-il prévenu.

Mise en garde contre le vote stratégique

Dans la même veine, Andrés Fontecilla a exprimé la crainte que Québec solidaire ne fasse les frais du vote stratégique lors des prochaines élections générales. Le porte-parole et président actuel de Québec solidaire a tenu ces propos lors d'une journée de réflexion sur les alliances politiques qui s'est tenue à Québec le 8 avril dernier, à laquelle les médias n'étaient pas invités.

« La grande question qui va déterminer le vote d'une majorité de l'électorat en 2018 risque d'être celle-ci : "Voulons-nous nous débarrasser de ce gouvernement, et qui a les meilleures chances d'y arriver?" [...] Québec solidaire risque la stagnation, ou pire encore, le recul électoral, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner », a avancé M. Fontecilla.

Faisant valoir l'« urgence d'agir » face à un gouvernement libéral « qui fait mal au Québec », il a plaidé pour un « pacte électoral limité » et fait miroiter « l'espoir d'un déblocage politique ».

Amir Khadir a ensuite donné des détails de ce à quoi pourrait ressembler un pacte électoral avec le PQ. À grand renfort de chiffres, le député de Mercier a dit souhaiter un pacte limité à des circonscriptions détenues par le Parti libéral ou la Coalition avenir Québec. Ainsi, a-t-il illustré, Québec solidaire présenterait tout de même un candidat contre Jean-François Lisée dans la circonscription de Rosemont.

Les idées défendues par un parti ou par un candidat ne constituent pas le facteur prépondérant dans le choix d'une majorité d'électeurs, a déploré M. Khadir, ajoutant que « la plupart du temps, c'est la volonté de changement ou la volonté de stabilité » qui fait pencher la balance.

Débats à venir

Les délégués de Québec solidaire seront appelés à choisir parmi trois propositions lors du prochain congrès de la formation politique, qui se tiendra à Montréal les 19, 20, 21 et 22 mai prochains. La première proposition consiste à rejeter toute alliance avec le Parti québécois, la deuxième vise à entamer des discussions avec le PQ dans le but de nouer des pactes électoraux ponctuels alors que la troisième veut reporter ce débat à l'automne prochain.

Les membres du parti seront également appelés à élire un nouveau porte-parole masculin. Outre Gabriel Nadeau-Dubois, deux candidats sont dans la course : Sylvain Lafrenière et Jean-François Lessard. Un débat opposera les trois candidats ce dimanche à Montréal.

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