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Économie perturbée, promesses électorales menacées?

Les chefs des trois principaux partis en campagne électorale vont-ils modifier leurs promesses en raison des perturbations observées sur les marchés internationaux?

Un reportage de Philippe Leblanc

La dévaluation du yuan, la monnaie chinoise, qui inquiète les marchés et contribue à la stagnation du prix du pétrole, a des conséquences sur l'économie canadienne. Celle-ci, déjà au bord de la récession, dépend beaucoup du prix des matières premières. Tout cela tire le dollar canadien vers le bas.

Pour le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, il ne faut pas s'inquiéter de ces soubresauts ponctuels. Il soutient que l'économie canadienne sera en croissance cette année. « Nous savions beaucoup, quand nous avons fait notre budget, les problèmes dans le monde. Les problèmes du marché chinois, les problèmes de la dette en Europe et les problèmes d'une reprise très lente aux États-Unis », a-t-il affirmé en point de presse à Vancouver, mardi.

Toutefois, le prix du pétrole se maintient sous les 45 $US, alors que le budget conservateur repose sur un baril à 54 $US.

Gouverner, c'est faire des choix, a martelé le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, qui continue de promettre la création d'un million de places en garderies à 15 $. « Lorsque nous disons qu'à travers le Canada, il y a un besoin criant dans le domaine que vous venez de nommer et qu'on en fera une priorité, c'est qu'on en fera une priorité, on va le réaliser », a assuré M. Mulcair en point de presse à Lévis.

Enfin, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, maintient sa promesse d'une baisse d'impôt de 3 milliards de dollars pour la classe moyenne, tout en laissant la porte ouverte à des déficits. « Le Parti libéral s'engage, comme on l'a toujours fait, à équilibrer les budgets, mais le temps que ça va prendre va dépendre énormément du fouillis total que M. Harper nous laisse », a-t-il lancé de Regina.

Le directeur général et chef de la recherche chez BMO, Stéphane Rochon, avertit cependant que la stagnation du prix du pétrole va perdurer. « L'OPEP, la Russie et les États-Unis, quand on voit leur production qui est à un sommet historique et que face à ça il n'y a pas tellement de demande excédentaire, surtout de la Chine, on n'a pas les conditions nécessaires pour avoir une stabilisation », explique-t-il.

Les données économiques de septembre diront si le Canada est officiellement entré en récession.

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