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Edmonton a son premier centre d’injection supervisée

Le premier centre d'injection supervisée de la capitale albertaine a ouvert ses portes vendredi dans les locaux des services communautaires Boyle Street. Les responsables du centre espèrent aider autant de clients que le font les trois autres centres de la province.

Un texte de Tiphanie Roquette

Le centre offre un endroit propre et sécuritaire pour les toxicomanes qui souhaitent s’injecter de la drogue. Il n’a toutefois pas les autorisations pour permettre les autres formes de consommations d’opioïdes.

En incluant ce service au sein de ses locaux, l’organisation Boyle Street qui lutte contre l’itinérance espère être une porte d’entrée pour les personnes dépendantes vers d’autres soins de santé.

« Quand une personne se drogue seule dans l’obscurité d’une contre-allée, elle n’a pas accès aux services pour améliorer sa santé ou contrôler sa dépendance. Notre centre va rendre cet accès possible », explique la gestionnaire du programme Streetworks aux services communautaires Boyle Street, Marliss Taylor.

Cela semble d’ailleurs être le cas dans les autres villes. Au centre d’injection supervisée de Sheldon Chumir à Calgary, 12 % des visites sont liées à une demande de soin de santé et non à une consommation de drogue.

Selon le spécialiste des dépendances, le docteur Hakique Virani, l’expérience des centres d’injection supervisée de Vancouver montre que les personnes fréquentant ces centres ont 30 % de plus de chances de traiter leur toxicomanie.

Un modèle qui a prouvé son succès

La capitale albertaine espère aussi pouvoir atteindre le succès des autres centres de la province. L’emplacement de Calgary a reçu près 7000 visites depuis son ouverture fin octobre dont 388 visiteurs uniques pendant le mois de février.

Le personnel médical du centre a répondu à 119 surdoses, mais aucun client du centre n’est mort, ce qui prouve la réussite du modèle, selon le docteur Virani.

« L’accès rapide à une trousse de naloxone et à du personnel médical contribue à réduire la mortalité des patients », explique-t-il.

Plus de services nécessaires

Étendre les services sera cependant nécessaire, croit le docteur Virani, parce que certaines populations semblent être absentes de la clientèle des centres d’injection supervisée.

Selon les données de Services de santé Alberta, le centre de Calgary est principalement fréquenté par des hommes itinérants. Les statistiques de surdoses ont cependant démontré que la toxicomanie créait aussi des victimes dans le confort des maisons de banlieue.

Le docteur Virani suggère ainsi d’établir des centres d’injection supervisée et des programmes de lutte contre les dépendances en dehors des centres-villes.

« [Les centres sont] un point de départ », croit cependant Marliss Taylor.

Deux autres centres d’injection supervisée ouvriront à Edmonton au cours du mois prochain. Un quatrième emplacement sera prêt cet été.

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