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Edmonton veut prévenir toutes les collisions mortelles sur ses routes

La capitale albertaine accueille cette semaine la dixième conférence internationale sur la sécurité routière. Cet événement s'inscrit dans son objectif de prévenir tous les accidents mortels de la route d'ici 2032, un objectif connu comme la Vision zéro.

Or, il reste du travail à faire pour atteindre ce but. L’an dernier, 26 personnes sont mortes à la suite d’un accident de la route à Edmonton. C’est cinq de plus qu’en 2016.

Shewkar Ibrahim, la coprésidente de la Conférence internationale de la sécurité routière, croit qu’Edmonton doit s'inspirer des autres villes qui ont adopté le même objectif.

Plusieurs pistes de solutions ont été avancées lundi. Par exemple, réduire les limites de vitesse et améliorer les infrastructures des routes pour les rendre plus sécuritaires.

D’ailleurs, depuis l’adoption de sa Vision Zéro en 2015, la Ville d’Edmonton a ajouté plusieurs panneaux de signalisation près des écoles et a interdit des virages à droite et à gauche dans des intersections jugées plus dangereuses.

Mais selon Gerry Shimko, le directeur du département de la sécurité routière pour la Ville d’Edmonton, il est tout aussi important de sensibiliser les conducteurs à cet enjeu.

« La perception que c’est correct de conduire juste un peu au-dessus de la limite augmente énormément les risques, car tellement de conducteurs le font. S’ils respectaient les règles, cela pourrait sauver plusieurs vies, explique-t-il. Il faut éviter les distractions au volant et le fait de texter en conduisant. »

Le modèle suédois

C’est en Suède que le concept de Vision zéro a commencé en 1997. Selon Anders Lie, de l’Administration des Transports de Suède, cela a permis de réduire le nombre de collisions mortelles de 60 % en 21 ans.

Selon lui, le moyen le plus sûr d’éviter les accidents est de moderniser les voitures sur les routes. « C’est sûr qu’on peut dire que les humains sont responsables [des accidents de la route], mais la vraie question, c’est : "est-ce que c’est plus facile de changer les habitudes des conducteurs, ou de changer les voitures?" On sait que changer les mentalités est très, très difficile. »

Selon Anders Lie, des systèmes de freinage automatisés, ou des signaux sonores qui indiquent qu'il y a une voiture dans l'angle mort peuvent faire toute la différence.

Mais, pour atteindre la Vision zéro, il faudra agir à plusieurs niveaux, croit-il. « À long terme, il faut améliorer les infrastructures des routes et des villes, en plus d'avoir des voitures plus modernes. À court terme, il faut convaincre les gens de l'importance de travailler ensemble pour faire une différence, » avance Anders Lie.

Un objectif ambitieux?

Même si le nombre de morts sur les routes d’Edmonton a augmenté entre 2016 et 2017, Shewkar Ibrahim croit que la capitale albertaine sera capable d’atteindre son objectif d’ici 2032.

« Je crois que c’est peut-être un peu ambitieux, mais on doit être proactifs dans nos démarches, dit-elle. Le fait qu’on pense que cet objectif est trop ambitieux démontre qu’on doit changer notre manière de penser au sujet de la conduite. »

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