Radio-Canada a demandé aux politiciens qui vont s'affronter lors des élections de l'automne d'exposer la position de leur parti sur cinq thèmes qui touchent les citoyens de la province. Le deuxième thème est celui de la privatisation en santé, notamment en ce qui a trait à Ambulance NB, au Programme extra-mural et aux foyers de soins. Voici leurs réponses.

Blaine Higgs, chef du parti progressiste conservateur du Nouveau-Brunswick : évaluer le secteur privé

Je crois que j’ai été assez clair là-dessus, lance d’emblée Blaine Higgs.

Le chef de l’opposition officielle dit vouloir évaluer la performance des entreprises privées qui vont prendre ou qui ont déjà pris en charge des services de santé dans la province, comme Medavie.

Je ne veux pas faire mon politicien et promettre la même chose que les précédents, mais je veux m’assurer qu’ils vont offrir un meilleur service que ce qu’on pouvait offrir avant, précise-t-il.

Il dit toutefois être inquiet de la gestion des foyers de soins : Il faut que le secteur public soit en mesure de faire concurence au secteur privé.

En somme, Blaine Higgs dit appuyer les foyers de soins publics, mais il demeure prudent dans ses déclarations.

Il faut quand même mesurer les pour et les contre, ensuite on décidera, conclut-il.

Brian Gallant, premier ministre et chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick : le privé améliore l'accès aux soins de santé

Le premier ministre n’a pas l’intention de changer d’avis sur la place des entreprises privées dans les soins de santé au Nouveau-Brunswick.

Pour nous c’est très important d'offrir des soins de santé de qualité, et ce, dans toutes les régions de la province, se défend Brian Gallant.

Selon lui, la province n’avait d'autre choix que de passer par le secteur privé pour améliorer les services aux citoyens.

Il dit toutefois que ces services seront évalués et que, s’il est démontré que l’entreprise privée n’offre pas des services de qualité, le gouvernement agira.

Même justification en ce qui concerne les foyers de soins. Brian Gallant dit que le secteur privé est la meilleure solution à court terme pour augmenter le nombre de places dans la province.

Il y a des aînés dans les hôpitaux qui attendent en ce moment d’avoir un lit dans les foyers de soins, note-t-il.

En ce qui a trait aux hôpitaux en région, comme ceux de Saint-Quentin et de Grand-Sault, il a assuré qu’ils ne seraient pas fermés tant et aussi longtemps qu’il sera au pouvoir.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick : le privé n'a pas sa place en santé

Pour nous Medavie c’est inacceptable!, s’exclame le chef du Parti vert.

On est très inquiet avec la privatisation des soins de santé au Nouveau-Brunswick, ajoute David Coon.

Selon lui, il est impératif que ces services et soins demeurent publics.

En ce qui a trait aux foyers de soins, David Coon pense que le secteur privé peut avoir une place, mais seulement en tant qu’entreprise à but non lucratif : Il faut que ça demeure un service communautaire.

Je suis tout simplement contre la stratégie de M. Gallant, résume le chef du Parti vert.

Jennifer Mckenzie, chef du Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick : les soins de santé doivent être publics

Nous avons un plan pour retenir l'Extra-mural et tous les autres soins de santé dans le secteur public, dit pour sa part Jennifer McKenzie.

Les foyers de soins devraient aussi être administrés par le secteur public, selon la chef du NDP.

Or, elle estime que les entreprises à but non lucratif pourraient aussi avoir une place, notamment pour le logement ou pour la nourriture.

Quand les services sont médicaux, c’est important d’être dans le secteur public, précise-t-elle.

Kris Austin, chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick : il faut annuler le contrat avec Medavie

Les gens me demandent souvent qu’est-ce que je ferais avec Medavie et je leur dit "vous avez juste à regarder Ambulance NB". En ce moment c’est très inégal et les délais sont très longs à certains endroits, indique Kris Austin.

Il dit être très déçu de la performance de Medavie jusqu’à présent : On est très sceptiques quant à leur capacité à exploiter le Programme extra-mural.

En ce qui a trait aux foyers de soins, il dit ne pas s'opposer à un rôle pour le secteur privé.

Par contre, pour ce qui est des soins de santé ou bien du bien-être des aînés, il faut que ce soit géré par le secteur public, ajoute-t-il, en disant que plusieurs études ont démontré que la privatisation des soins de santé n’entraîne pas nécessairement une réduction des impôts pour les particuliers.

Selon lui, il est impossible que le secteur privé puisse s'occuper efficacement des soins de santé : Quand le secteur privé obtient ces contrats, c’est pour faire du profit, donc ils coupent dans des services qui leur empêchent de faire des profits, ce qui n’arriverait pas au public.

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