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Élections en Ontario : la condition francophone au coeur du débat

C'est la condition francophone en Ontario qui s'est retrouvée au coeur du débat entre les candidats francophones, et surtout l'éducation en français ainsi que l'accès aux soins de santé en français.

Marie-France Lalonde, du Parti libéral, Gila Martow, du Parti progressiste-conservateur, et Gilles Bisson, du Nouveau Parti démocratique étaient invités à débattre, à 9 jours de l'élection générale provinciale.

Le débat reprenait d’abord les trois principaux thèmes de la campagne électorale : l'électricité, l'éducation et la santé.

Après une brève description du programme de chaque candidat sur chacun de ces points, les trois invités se sont affrontés en duel, s'interpellant tour à tour sur la faisabilité des promesses de campagne de leur chef de parti.

Les attaques n’ont d’ailleurs pas tardé à fuser dès le début des joutes oratoires. Et c'est la ministre sortante des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, qui a été la principale cible des attaques de ses adversaires.

À l'instar de Kathleen Wynne au cours de ces derniers mois, elle a dû défendre le bilan des années de règne libéral. « Vous avez eu 15 ans pour agir et vous avez attendu avant l’élection pour poser de gestes », lui a lancé Gilles Bisson. Même son de cloche du côté de Gila Martow. « Ça fait 15 ans que l’on a un gouvernement libéral, ça n’est pas mieux au Nord », a-t-elle répété.

Gila Martow n'a pas non plus épargné le NPD. « Les libéraux nous ont amenés au bord d’un précipice fiscal et le NPD va nous pousser par-dessus bord », a-t-elle lancé.

De son côté, Marie-France Lalonde a soutenu que « les conservateurs de Doug Ford sont le même que M. Harris », tandis que Gilles Bisson a affirmé que « les libéraux sont finis et est-ce que l'on veut les conservateurs de Doug Ford. »

La francophonie, au coeur du débat

Former plus d'enseignants francophones, revoir la Loi sur les services en français et offrir plus de programmes postsecondaire pour les Franco-Ontariens ont été les engagements forts pris par les candidats lors de ce débat.

  • L'éducation francophone

Concernant la création de l'Université de l'Ontario français (UFO), Doug Ford s'est engagé à donner un financement « adéquat ». Il a également dit vouloir investir davantage dans les écoles d'immersion.

Andrea Horwath s'est aussi engagée à financer l'UFO, tandis que Kathleen Wynne a dit vouloir poursuivre le projet.

Gilles Bisson a rappelé lors du débat de mardi soir que le Parti progressiste-conservateur, sous le gouvernement de Mike Harris, avait fermé le Collège des Grands Lacs. Il s'est pour sa part engagé à privilégier une université à la grandeur de la province.

De son côté, Gila Martow a plutôt plaidé pour que cette université soit partenaire d'autres universités francophones partout sur planète. Elle a en outre accusé les libéraux de s'être « réveillés [juste avant l'élection] ».

Marie-France Lalonde a quant à elle rappelé que l'offre libérale est d'augmenter les services dans le centre sud-ouest. Elle en a aussi profité pour rappeler que c'est son gouvernement qui a posé les premiers jalons du projet.

Dans les 100 premiers jours, le NPD s'est engagé à revoir la Loi sur les services en français, mais aussi à accélérer le projet d'Université de l'Ontario français.

Les libéraux aussi se sont engagés à revoir la Loi sur les services en français.

Quant au Parti progressiste-conservateur, il entend consulter les organismes francophones, dans l'objectif d'« aider la communauté ».

  • Les services de soin de santé en français

Mme Lalonde a raillé le candidat Doug Ford qui, dans une vidéo de présentation, a promis d'aller recruter des médecins « au Québec au besoin ».

Elle a plutôt rappelé les promesses de Mme Wynne concernant l'offre de services de santé en français en ajoutant notamment 500 lits de soins de longue durée au cours des cinq prochaines années, un carrefour de santé à Timmins et Orléans et une variable linguistique sur la carte santé.

Mme Lalonde et M. Bisson n'ont pas manqué de rappeler que le dernier gouvernement conservateur avait voulu fermer l'hôpital Monfort, le seul hôpital universitaire francophone de la province.

Ce à quoi Mme Martow a répondu que le gouvernement Harris est revenu sur sa décision concernant cette fermeture.

La conservatrice a par ailleurs déploré le bilan des libéraux pour ce qui est de l'immigration francophone, estimant que peu d'efforts étaient faits, notamment pour leur intégration dans la vie professionnelle.

Elle a notamment plusieurs fois proposé de former plus d'enseignants francophones capables de former de la main-d'oeuvre qui offrira par la suite des services bilingues.

Revoir l'intégralité du débat : 

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