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Élections : les trois chefs étaient à Toronto mercredi. Pourquoi?

Les chefs des trois principaux partis qui briguent le pouvoir en Ontario faisaient campagne dans les différents quartiers et banlieues de Toronto, mercredi. L'importance de ces circonscriptions n'échappe à aucun des stratèges politiques de la province.

Un texte de Cédric Lizotte

Kathleen Wynne et Doug Ford ont visité la toute nouvelle circonscription de Mississauga-Malton; M. Ford était également de passage à Oakville en début de journée; et Andrea Horwath, elle, s’est concentrée sur Scarborough Southwest.

Et, bien que les résultats dans chacune de ces circonscriptions lors de la dernière élection provinciale étaient catégoriques – les gagnants l’ont fait par plus de 20 points de pourcentage dans certains cas – le paysage qui s'y dessine pour 2018 pourrait être radicalement différent.

C’est ce qu’affirme Éric Grenier, premier rédacteur et analyste des sondages pour CBC News.

Une élection qui tranche avec le passé

L’exemple le plus probant? En 2014, le candidat du Parti libéral a remporté Scarborough-Southwest avec 27 points de pourcentage d’écart avec son plus proche compétiteur.

Aujourd’hui? « Scarborough-Sud-Ouest est le genre de siège que les conservateurs et le NPD pourraient gagner en raison de l'effondrement du soutien libéral dans la province », explique M. Grenier. Il s’agit d’un revirement de situation radical. Voilà pourquoi Mme Horwath s’y trouvait : elle travaillait à aider la candidate de son parti, Doly Begum, à s’y faire élire, bien qu’il s’agisse d’une circonscription où son parti n’a obtenu que 8600 votes en 2014.

Même constat du côté de la nouvelle circonscription de Mississauga-Malton, où M. Ford et Mme Wynne ont fait campagne mercredi.

Cette nouvelle circonscription a été construite à partir de trois comtés avoisinants lors du redécoupage de la carte électorale. Aujourd’hui, elle sera chaudement disputée. « Les projections montrent un siège comme Mississauga-Malton pourrait être une course à trois », explique M. Grenier.

Des électeurs flexibles

La démographie des circonscriptions qui chapeautent le centre-ville de Toronto est constamment en évolution, et c’est une des raisons pour lesquelles l’élection entre les partis est si volatile d’une élection à l’autre, selon Peter Graefe, professeur agrégé au département de science politique de l'Université McMaster.

« Ce sont des gens qui n’ont pas une tendance partisane très forte », souligne-t-il. « C’est pour ça que ces comtés sont en jeu. »

« Les partis se demandent si investissement de ressources électorales pourrait tirer des bénéfices. Évidemment, pour ces comtés, la réponse est oui. Il y a cette capacité de changer d’un parti vers un autre. »

M. Graefe base son analyse sur les dernières élections provinciales. « Ce sont des régions qui ont élu le gouvernement de Mike Harris en 1995, qui ont élu le gouvernement de M. McGuinty en 1993; ils ont donné la majorité à M. Harper en 2011, puis en 2015 ont donné cette majorité à M. Trudeau; donc ils montrent une certaine volonté de changer leur allégeance partisane. »

Avec des informations de Julie-Anne Lamoureux

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