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Élections municipales : mystère et boule de gomme à Val-des-Monts

Une course à la mairie à Val-des-Monts? Quelle course à la mairie, s'interrogent les Montvalois. Où sont les candidats? Quel est leur programme respectif? Les résidents se disent si peu renseignés, que certains envisagent même, par frustration, de ne pas aller voter.

Un texte d'Angie Bonenfant

« Un des graves problèmes à Val-des-Monts, c'est la communication », juge Valérie Langlais-Provost, résidente de la municipalité depuis 2011. « L'information n'est pas divulguée ou, quand il y en a, elle est divulguée à moitié. »

Elle soutient avoir fait ses devoirs de citoyenne, en passant de nombreuses heures à fouiller Internet et à poser des questions sur la course à la mairie... mais « il n'y a absolument rien. »

Même son de cloche du côté de Louise Morin, une résidente montvaloise depuis 1990. Elle aimerait en savoir plus sur les priorités des candidats. Ses recherches n'ont toutefois rien donné.

« J'aurais aimé savoir si les citoyens des autres municipalités en périphérie de Gatineau ont autant de difficulté que moi à avoir de l'information sur le programme des candidats et des conseillers », se questionne-t-elle.

« Il n'y a rien sur le site du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) », souligne Mme Morin. « Et ma municipalité, Val-des-Monts, avec qui j'ai communiqué, n'a pas plus d'information. »

« Il y en a dans mon entourage qui ont dit qu'ils n'ont pas le temps de fouiller ça. S'ils n'ont pas d'information, ils n'iront pas voter! », prévient de son côté Mme Langlais-Provost.

Richard Bélec

« Mon programme en sept points a été publié dans le journal L'Envol », s'est défendu Richard Bélec, candidat à la mairie. « Moi, je contacte les gens personnellement, je fais beaucoup de bouche à oreille et j'utilise les médias sociaux. »

M. Bélec n'a pas de réponses précises quant au besoin inassouvi des résidents d'en savoir plus sur la campagne électorale. En revanche, il reconnaît que la transparence n'a jamais été optimale au conseil municipal.

C'est d'ailleurs l'une des nombreuses raisons qui l'ont poussé à déposer sa candidature au poste de maire. Ce manque de communication a particulièrement été flagrant, selon lui, lors de la journée de registre pour l'agrandissement de l'hôtel de ville et de la caserne de pompier

« Les gens ont senti qu'ils ont été lésés dans la procédure, dans le sens où la fermeture du registre s'est faite pratiquement à l'heure du souper », rappelle M. Bélec.

« Les gens ont dit ne pas avoir été informés [de l'heure de la fermeture]. Ils auraient voté contre le règlement d'emprunt de 9 millions de dollars qui est assez considérable », ajoute-t-il.

S'il est élu, M. Bélec promet de créer un site Internet dédié aux initiatives du maire pour que les citoyens puissent connaître les orientations du conseil municipal.

Ceci dit, M. Bélec se positionne comme le candidat du changement. L'insatisfaction des citoyens envers le travail du maire sortant est grande, estime-t-il.

En haut de sa liste de priorités, il y a le compte de taxes foncières trop élevé des citoyens. « Entre 2010 et 2017, il y a eu une augmentation de près de 64 % du budget annuel », rapporte M. Bélec.

« Qu'est-ce qui s'est passé à Val-des-Monts pour qu'on ait presque doublé le budget annuel, alors qu'au niveau des infrastructures [...] les résidents sont insatisfaits parce qu'ils ne reçoivent pas les services », demande-t-il.

La liste des récriminations est longue, rapporte Richard Bélec. Les routes ne sont pas toutes adéquates, le nombre de pistes cyclables et de ski de fond est insuffisant, il y a un certain laxisme quant à l'accès des bateaux aux lacs et le problème des plantes envahissantes est toujours présent.

« Il y a beaucoup de travail à faire. Je ne m'attends pas à arriver là et que ce soit l'harmonie. Il va certainement y avoir quelques égratignures. Je me donne un certain nombre de mois pour donner un nouvel élan à tout le système », avance-t-il, dans la perspective de son élection.

Jacques Laurin

Le maire sortant, Jacques Laurin, le reconnaît d'emblée : la communication entre l'administration municipale et les citoyens de Val-des-Monts aurait pu être meilleure.

« Effectivement, il y a eu à l'occasion des manques. Mais remarquez bien, nous sommes en train de bonifier et réparer le système téléphonique. C'est peut-être ça qui a causé quelques problématiques, ici », suggère-t-il en guise d'explication.

« Bien souvent, quand un citoyen voulait rejoindre un service quelconque, la boîte vocale embarquait tout de suite », résume M. Laurin. « Nous sommes en train d'installer un système téléphonique - pas encore tout à fait peaufiné - qui recherchera quelqu'un jusqu'à tant qu'une personne réponde. »

Val-des-Monts est un large territoire, qui comporte trois noyaux villageois différents, ce qui demande un effort de communication encore plus important, rappelle-t-il. S'il est réélu, Jacques Laurin compte poursuivre ses efforts pour améliorer les échanges avec ses citoyens soit « par écrit, par Facebook ou par l'accès au conseil ».

Autrement, les priorités du maire sortant demeurent les infrastructures routières et l'amélioration des services des loisirs. Mine de rien, Val-des-Monts se développe rapidement. Environ 500 maisons ont été construites au cours des quatre dernières années.

« On veut améliorer le réseau routier, mais toujours dans la capacité de payer des contribuables », insiste-t-il.

À ce chapitre, le maire sortant dit que la Municipalité a toujours respecté le taux d'inflation. En 2017, souligne-t-il, les taxes foncières ont augmenté de seulement 1 %.

« L'autre pourcentage a été dédié à la bonification de l'école où on faisait agrandir le gymnase. On voulait payer ça au complet. C'est une taxe qui va disparaître », précise M. Laurin.

De plus, dit-il, les résidents oublient peut-être que dans les taxes il y a aussi 75 $ qui servent au service des vidanges des eaux usées. À cela s'ajoutent une taxe verte pour la protection des lacs et une quote-part de 25,7 % payable à la MRC des Collines pour des services comme la sécurité publique.

Cette quote-part est d'ailleurs la plus élevée de toutes les municipalités qui font partie de la MRC, rappelle M. Laurin, et représente entre 5 et 6 millions de dollars annuellement.

La richesse foncière uniformisée ayant augmenté au-delà des 2 milliards de dollars, Jacques Laurin promet, s'il est réélu, de reviser le taux de taxation lors du prochain budget pour mieux « refléter la réalité et non pas abuser du payeur de taxes ».

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