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La Vérif : un cadre financier non équilibré et incomplet pour Valérie Plante

Valérie Plante, qui avait d'abord présenté un cadre financier équilibré pour ses engagements électoraux, le 19 octobre dernier, prévoit maintenant un manque à gagner annuel de 20 millions de dollars pour financer ses promesses.

Un texte de François Cormier

Dans une nouvelle version du document envoyée à Radio-Canada à cinq jours du scrutin, Projet Montréal estime aujourd'hui que 55 millions de dollars seront nécessaires pour réaliser les engagements de la candidate à la mairie de Montréal. Or, dans la première version du document, le parti politique prévoyait 35 millions de dollars de nouvelles dépenses.

Malgré cette augmentation des dépenses envisagées, Projet Montréal n'a pas identifié d'autres postes budgétaires où Valérie Plante compte faire des économies. Force est de constater que son équipe envisage désormais un manque à gagner. Sinon, elle devra cibler d'autres économies potentielles.

Cela s'ajoute à l'absence de certaines dépenses dans ce cadre financier. Par exemple, malgré la promesse de 12 000 logements sociaux sur quatre ans, Projet Montréal ne prévoit pas que la Ville de Montréal aura à débourser des montants supplémentaires dans ce domaine. Le parti a fait parvenir à Radio-Canada une liste de programmes relevant d'autres ordres de gouvernement où il pourrait aller chercher l'argent.

Concernant l'ajout de 300 autobus sur les circuits de Montréal, Projet Montréal ne semble pas avoir calculé les salaires des chauffeurs supplémentaires qui seront nécessaires pour conduire les véhicules. Radio-Canada n'a toutefois pas été en mesure d'avoir la répartition envisagée de la somme prévue pour l'ajout des autobus.

Puis, il y a le financement de la proposition de ligne rose dans le métro de Montréal. Dans un précédent article, Radio-Canada avait préféré ne pas estimer les coûts de ce projet en raison des paramètres trop variables. Il y a un an, Valérie Plante avançait des coûts potentiels pouvant aller jusqu'à 600 millions de dollars pour chaque station. Projet Montréal évoque maintenant le chiffre de 300 millions par station souterraine.

« Des études comparatives plus approfondies ont été effectuées pour la nouvelle mouture de la ligne rose. [...] Lorsque Valérie a commencé à travailler sur le dossier, à l'époque de sa course à la chefferie, elle ne disposait pas des ressources d'aujourd'hui. Maintenant que des spécialistes se sont penchés sur le projet, il est donc normal d'avoir une estimation plus précise », explique l'attaché de presse de Projet Montréal, Youssef Amane.

Valérie Plante se fait rassurante

Lors d’un point de presse organisé mercredi, la chef de Projet Montréal a admis que Projet Montréal doit trouver comment financer les 20 millions de dollars supplémentaires. Elle indique toutefois que ce montant ne représente environ que 0,2 % du budget de la Ville de Montréal, qui s’élève à 5,2 milliards de dollars.

Valérie Plante a également expliqué que les coûts liés aux engagements ont été revus par souci « de transparence ».

La principale adversaire du maire sortant de Montréal a toutefois souligné que ce manque à gagner ne se traduirait pas en augmentation de taxes. « Pour le 375e, c’est 400 millions de dollars qui ont été pris à même l’argent des Montréalais, [et] les taxes n’ont pas augmenté », a-t-elle lancé.

Mme Plante a de nouveau reproché à Denis Coderre de ne pas avoir présenté de cadre financier, comme il l'avait fait en 2013.

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