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ENFFADA : « Le Canada doit connaître ma peine », dit la mère d'une victime

Pour la cinquième et dernière journée des audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), à Winnipeg, la famille Catheway a finalement pu livrer le témoignage voulu.

« Personne ne va me réduire au silence. Le Canada doit connaître ma peine », a dit Bernice Catcheway, la mère d'une victime.

Bernice Catcheway tenait à raconter publiquement l’histoire de sa fille, disparue en 2008. Elle s’est cependant fait dire par un avocat de l'Enquête nationale, en début de semaine, qu’elle devrait témoigner en privé, ce qu’elle a refusé. Elle s'est par la suite battue pour ne pas avoir à se contenter d'une audience publique de seulement 10 minutes.

Après avoir insisté à maintes reprises, la famille a finalement pu prendre tout le temps requis pour partager sa souffrance et décrire les injustices dont elle dit avoir été victime.

Dispariton de Jennifer Catcheway

Jennifer Catcheway a disparu tout juste avant de célébrer son 18e anniversaire. Aux dernières nouvelles, elle a appelé sa mère pour annoncer qu’elle arriverait à la maison en fin de journée afin de célébrer sa fête.

Elle n'a ensuite plus donné de nouvelles.

Lorsqu’elle a tenté de signaler la disparition de sa fille à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), celle-ci lui a répondu d’attendre encore une semaine, « car elle était probablement saoule », affirme Bernice Catcheway.

Mme Catcheway avance également qu'une femme l'a appelée pour l’aviser que deux hommes brûlaient des vêtements dans un champ. Elle raconte avoir rappelé les autorités pour partager ces informations, en espérant faire bouger les choses.

La GRC a finalement lancé une enquête et a déterminé qu'il s'agissait d'un homicide. Neuf ans plus tard, le corps de Jennifer Catcheway n'a pas été retrouvé.

Depuis la disparition de leur fille, la famille n’a pas cessé de parcourir la province à sa recherche.

Bernice Catcheway a été surprise de voir autant de familles présentes et autant qui voulaient prendre la parole cette semaine, lors des audiences. Elle aimerait que les commissaires reviennent à Winnipeg, un sentiment partagé par la commissaire Michèle Audette.

L'Enquête nationale a débuté à Whitehorse à la fin du mois de mai et s'est rendue à Smithers, en Colombie-Britannique, à la fin du mois de septembre. À Winnipeg, il s'agissait de la troisième audience de l'ENFFADA, et de la première dans les Prairies.

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