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Entente sur le climat au Sommet des leaders nord-américains à Ottawa

Le Canada, les États-Unis et le Mexique s'engagent à produire 50 % de leur électricité à partir de ressources renouvelables d'ici 2025, notamment grâce à l'énergie nucléaire, à la captation et la séquestration de carbone et en faisant la promotion de l'efficacité énergétique.

Ce plan d'action sur le climat a été confirmé mercredi à l'occasion du Sommet des leaders nord-américains, qui réunit à Ottawa le premier ministre canadien Justin Trudeau et les présidents américain et mexicain, Barack Obama et Enrique Pena Nieto.

À l'heure actuelle, le taux d'électricité produite à partir d'énergie propre se situe à 37 % en Amérique du Nord.

« Nous estimons que l'élaboration des projets et politiques en cours et à venir, qui rendront possible l'atteinte de cet objectif, entraînera la création de milliers d'emplois respectueux de l'environnement et cadrera avec notre vision pour une économie à croissance propre », ont soutenu les trois hommes dans une déclaration commune.

Ce nouveau partenariat nord-américain en matière de climat prévoit également que le Mexique va se joindre à l'entente canado-américaine sur le méthane qui avait été conclue en mars lors de la visite de M. Trudeau à Washington.

Cet accord prévoit une réduction de 40 % à 45 % des émissions de méthane dans les secteurs pétrolier et gazier d'ici 2025, comparativement au niveau de 2012. Pour y parvenir, les trois pays s'engagent à élaborer et à mettre en oeuvre des réglementations fédérales.

Ottawa, Washington et Mexico s'engagent aussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par les véhicules légers et lourds. Les normes en matière de rendement du carburant devront être harmonisées d'ici 2025, et celles sur les émissions de GES en 2027.

Les normes en matière d'émissions de polluants atmosphériques générés par ces véhicules et les normes connexes en matière de carburant à faible teneur en soufre seront pour leur part harmonisées dès 2018.

Les trois leaders nord-américains s'engagent également à adopter des mesures favorisant l'utilisation de véhicules écologiques, notamment en appuyant le développement d'infrastructures, dont des corridors de ravitaillement.

Ils entendent en outre réunir les dirigeants de l'industrie d'ici le printemps prochain pour discuter d'une « vision commune concernant un secteur de l'automobile nord-américain compétitif et non polluant ».

Au-delà de la lutte contre les changements climatiques, ceux que l'on surnomme « les trois amigos » doivent aussi discuter de divers enjeux liés au commerce, à la sécurité et à la défense.

Plaidoyer contre le protectionnisme

Les trois hommes se sont adressés aux médias en après-midi pour défendre leur accord et répondre aux questions des journalistes. Dans la foulée du Brexit et des prises de position conservatrices du candidat républicain présumé à la présidence, Donald Trump, les trois leaders ont fait front commun contre le protectionnisme.

Ils ont souligné que ce serait une erreur pour le continent de se fermer à une économie mondiale intégrée.

Le président Barack Obama a souligné que le libre-échange (free trade) devait aussi être un juste échange (fair trade) et que les pays concernés doivent faire en sorte que la prospérité profite à tous les citoyens.

Le premier ministre Trudeau a pour sa part fait valoir les bienfaits des accords commerciaux internationaux, tant pour l'économie en général que pour les citoyens.

Barack Obama a déclaré que la mondialisation des marchés était un fait accompli. « La question n'est pas de se demander s'il y aura ou non une économie globale, il y en a une », s'est-il exclamé en précisant qu'il fallait agir sur les modalités qui forgeront cette économie pour que tous en profitent.

Accueil chaleureux pour Obama

L'avion du président américain s'était posé vers 10 h 15 à l'aéroport d'Ottawa, où Barack Obama a été accueilli par le gouverneur général David Johnston et le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion. Il s'est ensuite rendu au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa pour y rejoindre MM. Trudeau et Pena Nieto.

D'importantes forces policières ont été déployées près du musée pour assurer la sécurité des politiciens.

En fin d'avant-midi, plusieurs membres de l'administration de chaque pays se sont réunis dans une salle du musée pour une séance plénière qui devait durer environ une heure et demie.

La délégation américaine comprend notamment le secrétaire d'État John Kerry, le secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson, le représentant américain au commerce Michael Froman et la conseillère à la sécurité Susan Rice.

Discours aux parlementaires

Barack Obama a par ailleurs eu l'occasion d'insister sur les liens qui unissent les États-Unis et le Canada, lors d'un discours qu'il a prononcé en fin de journée à la Chambre des communes.

Il est le septième président américain à s'être adressé aux sénateurs et aux députés canadiens réunis à la Chambre. Cela faisait d'ailleurs plus de 20 ans qu'un président américain n'avait pas été entendu au Parlement.

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