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Érosion : Gaétan Lelièvre dénonce l’intervention politique

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, dénonce l'intervention politique sur l'annulation de la rencontre avec les directions régionales sur l'érosion des berges en Haute-Gaspésie.

Un texte de Joane Bérubé

Sur les cinq ministères contactés par le député de Gaspé, seul le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) a accepté de participer à la rencontre.

Le député explique que ce refus est difficilement explicable sur le plan rationnel.

Il rappelle que les directions régionales ont eu un mois pour s’y préparer et qu’il s’agissait d’une rencontre d’informations pour les élus et les organisations de la Haute-Gaspésie.

« Si, indique Gaétan Lelièvre, j’avais été encore directeur général de la MRC de la Côte-de-Gaspé et que j’avais demandé une rencontre comme cela, probablement qu’en dedans d’une semaine, cela aurait été accepté. Est-ce que c’est parce que je suis député de l’opposition? Malheureusement, tout porte à croire que c’est le cas. »

Le député explique que ce refus est difficilement explicable sur le plan rationnel.

Si le député n’a plus accès aux directions régionales, imaginez monsieur et madame tout le monde.

Gaétan Lelièvre, député de Gaspé

DéceptionLe député avoue qu’il ne s’attendait pas à cela. « Même dans l’opposition, je suis quand même le député du comté. J’ai fait mon travail de député. Je sais que cela a dérangé plusieurs ministères que j’aie parlé de gestion en silo, que j’aie demandé une cellule de crise, mais les gens ne doivent pas prendre ça personnel. C’est l’appareil gouvernemental. »

Gaétan Lelièvre y voit une entrave à son rôle de député qui doit se préoccuper de la sécurité de la population.

Le député souligne que le ministre des Transports, Laurent Lessard, et le ministre responsable de la région, Sébastien Proulx, l’ont tous deux appelé pour lui confirmer qu’il s’occupait du dossier. « Mais, ajoute le député de Gaspé, je voulais un autre niveau d’information, celui des directions régionales. Ce sont les maires et les MRC qui ont besoin d’être rassurés pour à leur tour rassurer la population. »

M. Lelièvre mentionne que le ministre Proulx lui a assuré qu’il n’était pas intervenu. « Je le crois, commente M. Lelièvre, mais il y a quelqu’un quelque part qui a dit aux directions régionales de ne pas rencontrer le député. »

Questions sur le rôle du député

Député de Matane-Matapédia et porte-parole de l’opposition en matière de Sécurité publique, Pascal Bérubé estime lui aussi que la situation soulève des questions importantes sur le rôle de député, Il y a un problème, dit-il, à partir du moment où les directions régionales ne répondent qu’aux ministres ou au gouvernement du Québec.

Les directions régionales doivent être capables de travailler avec les députés élus par la population, même s’ils sont dans l’opposition, estime le député.

« C’est très particulier le traitement qu’on accorde à Gaétan Lelièvre. On aurait dû avoir une réponse respectueuse à sa demande », commente Pascal Bérubé qui rappelle que le député de Gaspé est un homme très engagé et qui travaille depuis 30 ans au développement de sa région.

Coordination et information

Cela fait maintenant un mois que les premières tempêtes de décembre ont frappé la côte gaspésienne et que la route 132 a été fermée sur une distance de 100 kilomètres.

Le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, avoue qu’il n’a pas eu depuis de suivi de la part des différents ministères sur les impacts de la tempête. Ces événements ont pourtant des conséquences pour la sécurité des gens des localités qui se sont retrouvées enclavées, sur l’économie, sur l’environnement, souligne le préfet.

Déçu que cette rencontre ait été annulée, il estime que la démarche était avant tout technique, notamment sur le plan des communications entre les différentes instances. « Quels sont les scénarios si cela se reproduit? », demande M. Cormier. Ce dernier souligne que huit secteurs de la route ont été touchés par les tempêtes. « Va-t-on toujours reconstruire la route 132 aux mêmes endroits », s’interroge Allen Cormier.

Le préfet croit que l’invitation doit être relancée aux directions régionales. « Il est juste normal, renchérit le député Lelièvre, que nous ayons, nous, maires, préfets, députés, un retour sur ce qui s’est fait et ce qui va se faire d’ici au printemps. »

Le député Lelièvre continue de croire que les ministères doivent travailler de concert dans ce dossier et qu’il faut une instance avec une autorité politique pour que les gens ne travaillent pas en silo.

Réponses des directions régionales et du ministre Proulx

Interrogé sur les raisons qui ont motivé le refus de la direction régionale de participer à la session d’information, le directeur du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la lutte contre les changements climatiques du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Jean-Marie Dionne, explique que la présence de son ministère à cette rencontre n’était pas pertinente.

Il n’y a pas, précise-t-il, d’expertise régionale en changements climatiques. Cette réponse a été transmise au député, indique M. Dionne.

Les directions régionales de la Sécurité publique, des Transports et des Affaires municipales n’ont pas expliqué les motifs de leur refus de participer à la rencontre.

Le bureau du ministre responsable de la région, Sébastien Proulx, indique que le ministre n’était pas invité à cette rencontre et qu’il n’en était pas responsable.

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