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Est-ce que l’unité est possible sous la direction de Doug Ford?

Le nouveau chef progressiste-conservateur Doug Ford a promis de faire une place dans son équipe à ses opposants dans la course à la direction. Mais est-ce qu'elles voudront se joindre à lui? Et leurs partisans?

Une analyse de Claudine Brulé

Les premières images de Doug Ford, chef de parti, ne sont pas des images d’un parti uni. Parce que Tanya Granic Allen était la seule autre candidate avec lui devant les caméras. Pas de Christine Elliott. Pas de Caroline Mulroney.

Caroline Mulroney a félicité le nouveau chef sur Twitter. Christine Elliott conteste pour sa part les résultats. Dans un communiqué envoyé cette nuit, elle dit vouloir demander une enquête après que son équipe eut décelé des irrégularités dans la tenue du vote.

Oui, Doug Ford a bel et bien remporté cette course, avec plus de points recueillis dans chacune des circonscriptions, mais c’était serré : il avait 153 points de plus que Christine Elliott (ou une différence de 0.2 %).

Comme tout semblait possible dans cette course à la direction, et qu’un rebondissement n’attendait pas l’autre, peut-on penser que ce pourrait ne pas être vraiment la fin? Et si un membre demandait aux tribunaux de s’en mêler? De revoir les résultats?

Il faut se rappeler des derniers jours de campagne, alors que Doug Ford y allait d’attaques répétées envers Christine Elliott. Il a aussi pris un virage encore plus vers la droite en disant qu’il croyait juste que les parents puissent avoir leur mot à dire si leur fille adolescente voulait avoir un avortement.

Les positions plus à droite de Doug Ford vont déplaire aux membres de la section dite « progressiste » du parti, et ils sont nombreux.

Nous avons déjà vu sur Twitter de nombreux commentaires de membres déçus du résultat de la course qui se demandent s’ils conserveront leurs cartes de membre.

D’autres se souviennent du mandat de son frère Rob Ford à la mairie de Toronto. Doug était son bras droit dans ces mois de chaos, avant et après que le maire ait avoué qu’il avait consommé du crack.

Mais tout est possible et tous ces gens ont un objectif commun : défaire les libéraux de Kathleen Wynne le 7 juin.

Le chef intérimaire Vic Fedeli disait aux membres samedi après-midi que leurs différences étaient bien minimes comparativement à ce qui les unissait.

Ford versus Wynne

Ce résultat de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur est sans aucun doute le meilleur scénario pour la première ministre Kathleen Wynne. Parce que ses idées et ses valeurs sont bien loin de celles de Doug Ford. Elle a déjà eu des guerres de mots avec Rob Ford alors qu’il était maire de Toronto, elle est prête à recommencer avec son frère.

On voyait l’équipe Wynne craignait davantage Christine Elliott, qui aurait pu attirer les votes progressistes qui se promènent entre les libéraux et les conservateurs.

Le NPD tente de son côté de recueillir les votes des Ontariens qui se disent lassés des libéraux, mais qui n’aiment pas le style de Doug Ford.

La chef Andrea Horwath devra toutefois se faire plus visible, car on ne l’a presque pas vu depuis le départ de l’ancien chef conservateur Patrick Brown, alors que les électeurs auraient pu chercher une alternative.

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