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Éthique : de Santis corrige le tir après avoir tenu des propos controversés

La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis, a dû corriger le tir, mardi, après avoir jugé acceptable qu'un donateur libéral soit candidat au poste de commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué diffusé en début de soirée, Mme de Santis a attribué sa déclaration à la frénésie d'un point de presse qui s'est déroulé juste avant la période des questions.

« J'ai tenu des propos malhabiles à propos de la succession de l'actuel commissaire à l'éthique et à la déontologie, a-t-elle dit. La question à ce sujet est survenue au moment où nous devions retourner en chambre et dans le tourbillon, mes propos pouvaient laisser penser que je trouvais acceptable qu'une personne ayant contribué à un parti politique puisse aspirer à occuper cette fonction. Or, ce n'est pas le cas. »

Selon la ministre, « les titulaires de ces fonctions importantes doivent demeurer au-dessus de tout lien partisan, réel ou apparent, avec quelque parti politique que ce soit ».

Devant les journalistes, en début d'après-midi, Mme de Santis a expliqué qu'une candidature au poste de commissaire à l'éthique avait été bloquée en raison de son soutien financier au Parti libéral du Québec (PLQ), l'automne dernier.

Je pense à une personne que je trouvais vraiment fantastique. J'en avais parlé avec l'opposition. La pauvre personne a fait une indiscrétion. Elle a fait un don de 100 $ au PLQ. Ça l'a disqualifiée. Moi je trouve que ça, c'est triste.

Rita De Santis, ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques

La ministre a soutenu que ce type d'affiliation financière ne devrait pas empêcher une personne d'aspirer à cette fonction névralgique.

« Si la personne avait contribué au PQ, je dirais que ce n'est pas là-dessus que je prendrais une décision, pour un 100 $ », a-t-elle dit.

La nomination d'un candidat au poste de commissaire à l'éthique nécessite l'approbation d'au moins les deux tiers des 125 députés de l'Assemblée nationale.

La candidature, reçue au printemps, a été rejetée l'automne dernier. Une première vérification n'a révélé aucun don à son nom, au début du processus, mais une seconde oui, a indiqué la ministre sur les réseaux sociaux.

Le mandat de cinq ans du commissaire à l'éthique Jacques Saint-Laurent, nommé en 2010, est échu, mais Mme de Santis a affirmé qu'il est difficile de lui trouver un successeur.

La ministre a expliqué que peu de candidats souhaitent exercer cette fonction, parce qu'elle est au centre de la joute partisane.

« Ce n'est pas facile de trouver les meilleures personnes, particulièrement si on pense qu'on doit avoir un certain consensus ou même l'unanimité », a-t-elle dit.

L'opposition n'a même pas eu le temps de s'y opposer

Le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) Simon Jolin-Barrette a affirmé que son groupe parlementaire n'a bloqué aucune candidature.

« On ne s'est pas opposés à la candidature, a-t-il dit. Le gouvernement a retiré de lui-même la candidature. »

M. Jolin-Barrette a toutefois reconnu que le fait de contribuer à un parti politique après le dépôt d'une candidature, comme cela semble avoir été le cas, pose problème.

« Ce n'est peut-être pas le geste le plus approprié considérant le poste que la personne souhaitait occuper, a-t-il dit. Vous savez, les fonctionnaires et, supposons, les procureurs de la Couronne doivent faire preuve de réserve dans le cadre de leurs fonctions. Je pense que, lorsqu'on applique à une telle fonction et qu'on a soumis sa candidature, on doit faire preuve d'une certaine réserve aussi. »

Le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a affirmé que sa formation n'a reçu aucun dossier correspondant à la description de Mme de Santis.

M. Bérubé a également déploré que Mme de Santis ne voie pas de problème à confier les fonctions de commissaire à l'éthique à un contributeur.

Le leader péquiste a rappelé que Mme de Santis n'en est pas à sa première déclaration controversée, la plus récente concernant le mode de scrutin actuel.

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