Retour

Étudiants étrangers : les nouvelles règles préoccupent le recteur de l’UQAR

Le recteur de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) émet des réserves sur les nouvelles règles annoncées par Québec pour le financement des universités. Il s'inquiète particulièrement des modifications qui touchent le recrutement d'étudiants étrangers, qui risquent selon lui de créer un « déséquilibre » entre les petites et les grandes universités.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Ces inquiétudes concernent le financement accordé par le gouvernement pour les étudiants étrangers au baccalauréat ou au deuxième cycle « professionnel » qui ne proviennent pas de la France ou de la Belgique. L’UQAR accueille présentement 80 étudiants de cette catégorie.

À l’heure actuelle, Québec accorde un montant aux universités pour chacun de ces étudiants internationaux. Avec les nouvelles règles, ce ne sera plus le cas.

Les universités vont plutôt se voir attribuer des objectifs de croissance du nombre d’étudiants internationaux. Si elles atteignent ou dépassent ces cibles, elles auront une subvention supplémentaire qui serait d’environ 9000 $ par étudiant jusqu’à un certain plafond.

Le recteur de l'UQAR, Jean-Pierre Ouellet, indique qu’il est trop tôt pour savoir quelle cible sera donnée à son établissement, mais il craint qu’elle soit trop ambitieuse à court terme.

« La question qu'on se pose, c'est est-ce que dans le contexte compétitif dans lequel on se trouve, le fait qu'on est une université qui a une moins grande visibilité à l'international, est-ce qu'on va être capables d'atteindre ces objectifs-là? Et par ricochet, est-ce qu'on va être capable de tirer profit du réinvestissement que le gouvernement a annoncé? », se demande le recteur.

Les petites universités désavantagées?

De plus, la nouvelle politique de financement des universités permet aux établissements d’exiger des frais de scolarité plus élevés aux étudiants étrangers qui ne proviennent pas de France ou de Belgique et de conserver les sommes supplémentaires perçues.

M. Ouellet croit que ces nouvelles règles avantagent les universités de grande taille ou qui sont déjà reconnues à l’étranger, notamment les institutions anglophones.

Il craint que, pour atteindre leurs objectifs en termes de recrutement d’étudiants étrangers, certaines universités puissent éventuellement se livrer à une guerre de prix. « Pour aller chercher la subvention supplémentaire, peut-être que certains seront prêts à faire des compromis sur les droits de scolarité », soutient M. Ouellet.

Intensifier le recrutement

L’UQAR compte intensifier ses efforts de recrutement d’étudiants internationaux, notamment en prenant part à davantage de missions à l’étranger.

Le recteur croit qu’il serait possible de faire certaines alliances entre universités pour partager les coûts de ces démarches, mais souligne qu’il est trop tôt pour savoir quelle forme cette coopération pourrait prendre.

Jean-Pierre Ouellet aimerait que Québec accorde une « période de grâce » pour laisser aux universités le temps de mettre en place ces stratégies pour augmenter le nombre d’étudiants étrangers dans leurs établissements, puisqu’il souligne que ces efforts ne donnent pas de résultats « instantanés ».

Les universités québécoises devront atteindre certains objectifs de croissance du nombre d’étudiants étrangers dès l’année scolaire 2019-2020.

Plus d'articles