Retour

Évaluations environnementales : l'Alberta prudente

L'industrie pétrolière est perplexe face aux changements proposés par le gouvernement fédéral concernant le processus d'évaluation environnementale des projets énergétiques.

Ottawa veut déléguer ses pouvoirs à une seule agence, là où l'Agence canadienne d'évaluation environnementale, l'Office national de l'énergie et la Commission canadienne de sûreté nucléaire se répartissent actuellement la tâche.

Pour plusieurs représentants de l'industrie, les modifications soulèvent plus de questions qu'ils n'apportent de réponse.

Le président de l'Association canadienne des pipelines d'énergie, Chris Bloomer, doute du fait que le processus ait été vraiment simplifié.

« Cela reste vraiment à voir. Le gouvernement nous promet un processus simplifié qui augmentera la confiance du public, mais nous n’en sommes pas du tout convaincus. Nous devons prendre le temps d’analyser les changements », a-t-il indiqué.

Il se désole par ailleurs du fait que les émissions de gaz à effet de serre indirectes continuent de faire partie des critères d'évaluation. « Nous ne pensons pas que les émissions devraient faire partie du processus d’évaluation pour un projet de pipeline », a soulevé M. Bloomer.

Le président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, Tim McMillan, espère que les modifications permettront de redorer l'image du Canada en termes de réalisation de projets énergétiques.

« Nous sommes vraiment en train d’obtenir la réputation d’un endroit où les projets n’aboutissent pas. Nous souhaitons que les modifications proposées puissent remettre les pendules à zéro et envoient le message que le Canada est un endroit où il fait bon d'investir », dit Tim McMillan.

Les représentants de l'industrie disent qu'il leur faudra plusieurs mois pour décortiquer ces nouvelles règles et en évaluer les conséquences. Ils auront l'occasion de se faire entendre d'Ottawa d'ici l'adoption du projet de loi par le gouvernement fédéral.

Kenney déçu

Le chef du Parti conservateur uni de l'Alberta Jason Kenney ne voit rien de bon dans le projet de loi C-69. Il croit qu’il sera maintenant plus difficile pour les compagnies énergétiques de faire approuver des projets.

« Le processus annoncé aujourd'hui va prolonger les délais, élargir massivement le processus de consultation, permettre à n'importe qui, y compris à n'importe quel militant au Canada, d'obtenir le statut d'intervenant, ce qui pourrait entraîner des retards et des processus interminables », a lancé Jason Kenney.

La ministre de l'Énergie de l’Alberta, Margaret McCuaig-Boyd, a écrit dans une déclaration que la province voulait d'abord prendre le temps de consulter les « principaux intéressés » sur le nouveau projet de loi avant de se prononcer.

« Notre priorité est de veiller à ce que les modifications réglementaires fédérales soient mises en œuvre d'une manière qui soit logique pour les travailleurs et qui offre une plus grande certitude aux investisseurs », a-t-elle déclaré.

« Il est important de reconnaître l'intention du gouvernement fédéral de réduire les délais réglementaires généraux et d'améliorer la consultation des Autochtones », a-t-elle ajouté.

La centralisation des pouvoirs doit s'accompagner d'une modification des délais pour l'examen des projets : ils passeront de deux ans à 300 jours maximum pour les petits projets et à 600 jours au plus pour les grands projets nécessitant un examen par un groupe d'experts.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Le secret derrière les trop longues douches de ce jeune homme...





Rabais de la semaine