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Expulsé du cabinet fantôme, Maxime Bernier réussit un financement « record »

Le député conservateur Maxime Bernier a récolté 30 000 $ en 24 heures auprès de ses partisans, à la suite de son expulsion du cabinet fantôme d'Andrew Scheer. Le chef conservateur l'a exclu de son équipe de porte-parole parce qu'il a publié sur son site web un chapitre de son livre controversé.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire à Ottawa et animateur de La mêlée politique

Jeudi, Maxime Bernier a envoyé un courriel à ses militants leur demandant : « Êtes-vous toujours avec moi? »

Deux jours après son expulsion du cabinet fantôme, il promettait « plus que jamais » de défendre « les principes conservateurs de liberté et de petit gouvernement ». Il s’engageait aussi à continuer de se battre pour « ses idées, peu importe le rôle dans lequel il se trouve ».

L’ex-candidat à la chefferie qui a mordu la poussière dans une course très serrée en mai 2017 a demandé à ses militants de l’aider à rembourser sa dette de campagne et de financer le travail de son équipe ainsi que ses voyages à travers le pays.

« C’est beaucoup plus que notre dernier record, a-t-il écrit 24 heures après la première sollicitation. Soyez assurés que votre réponse a été clairement entendue. »

Le nom du chef Andrew Scheer ou des positions du Parti conservateur sont absents du courriel.

Gestion de l'offre

Maxime Bernier ne mentionne pas non plus son opposition au système de la gestion de l’offre pour les produits laitiers, les œufs et la volaille.

Pourtant, c’est cette opposition qui a mis le feu aux poudres cette semaine.

Il a publié en ligne un chapitre de son livre, dans lequel il soutient qu’Andrew Scheer a remporté la course à la direction du parti grâce à de « faux conservateurs », en faisant référence à de nombreux agriculteurs qui étaient devenus membres du parti pour l’appuyer.

Un livre qui dérange

M. Bernier avait toutefois assuré à ses collègues députés qu'il ne publierait pas son livre, compte tenu de la controverse que cela avait suscitée au sein du caucus.

Cette semaine le gouvernement Trudeau a attaqué le Parti conservateur lors de la période de questions en citant les positions de Maxime Bernier.

Les libéraux continuent de défendre ce système, alors qu’il est hautement critiqué par le président américain. Donald Trump justifie les tarifs douaniers qu'il a imposés sur l'acier et l'aluminium canadiens par l'impact présumé de la gestion de l'offre sur les agriculteurs américains.

D’ailleurs, dans l’extrait de son livre publié sur son site web, Maxime Bernier se demande pourquoi le gouvernement libéral n’a pas abandonné la gestion de l’offre pour parvenir à une entente sur l’ALENA avec l’administration américaine.

Plus tôt cette semaine, Maxime Bernier avait été très discret auprès des journalistes.

Il a été abordé par une journaliste de CBC mercredi lors qu’il marchait à l’extérieur du parlement. Elle lui a demandé ce qu’il avait dit à ses collègues à la suite de son expulsion.

Il a répondu que les discussions au sein du caucus étaient « privées ».

« Je ne suis plus dans le cabinet fantôme. C’est tout. Mais je suis un membre du Parti conservateur du Canada », a-t-il ajouté.

Au bureau de Maxime Bernier, on nous a indiqué qu’il n’était pas « disponible » pour une entrevue. Le bureau du chef conservateur Andrew Scheer n’a pas voulu commenter.

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