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Facebook et la politique ne font pas bon ménage 

Matt Soprovich qui habite le Nord-Ouest de l'Ontario aurait voulu être candidat pour cette formation politique dans la circonscription de Kenora-Rainy River, alors que la députée sortante Sarah Campbell a annoncé qu'elle ne sollicitera pas un second mandat en juin.

Un texte de Caroline Bourdua

Sur sa page Facebook, M. Soprovich dit avoir reçu beaucoup d’appui et d’encouragement lorsqu’il a annoncé qu’il voulait se porter candidat à l’assemblée d’investiture néo-démocrate.

Mais l’enthousiasme s’est rapidement changé en déception quand on lui a annoncé par courriel qu’il était disqualifié en raison de certains contenus dans l’historique de ses pages sur les médias sociaux.

« Il y a ce qu’on appelle des Green Light Committee et leur mandat est de faire des recherches sur les médias sociaux, sur les actions passées, et les antécédents criminels des candidats pour éviter tout scandale durant une campagne », explique Duff Conacher, professeur de science politique et porte-parole de Democracy Watch.

Selon lui, les trois gestes reprochés remontent à aussi loin que 2013.

M. Soprovich parle d’une vidéo sur Instagram dans laquelle il déchire son chandail à la manière d'un lutteur.

« Et il y a cette photo prise en mars 2013, où l’on me voit les fesses nues à regarder vers l’horizon au bord de l’eau. [...] je crois avoir été traité injustement », dit-il.

Mais le NPD n’entend pas à rire.

Dans une déclaration envoyée aux médias jeudi, la formation politique affirme que la candidature a plutôt été écartée en raison de propos où M. Soprovich glorifie la violence faite aux femmes et les comportements prédateurs envers celles-ci.

« Nous comprenons que M. Soprovich indique avoir été écarté en raison d’un contenu moins inquiétant. Ce n’est évidemment pas le cas et nous maintenons notre décision de présenter des candidats de confiance qui ne tiennent pas de propos dégradants envers les femmes », écrit le NPD dans son courriel.

Duff Conacher estime que les partis politiques ont trop de pouvoir lorsque vient le temps de choisir un candidat.

« Ils peuvent dire non et c’est tellement difficile pour les candidats, surtout deux mois avant le début de la présente campagne électorale, de contester la décision devant les tribunaux », explique-t-il.

Solution

L’organisme croit que la création d’un organisme quasi judiciaire permettrait d’entendre les plaintes rapidement et à moindres coûts.

Les plaintes pourraient être traitées dans un délai de 30 jours, dit M. Conacher.

Par pétition, Democracy Watch demande que les assemblées d’investiture des partis politiques soient assujetties à la Loi électorale.

M. Conacher ajoute que tout citoyen qui veut se porter candidat devrait songer à faire le ménage dans ses réseaux sociaux, mais il rappelle que contrairement aux Européens, les internautes au Canada ne peuvent retirer eux-mêmes tout article, image ou vidéo sur la toile, à l’exception de Facebook et Instagram, où ils ont le plein contrôle.

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