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Faubourg Contrecoeur : « J’aurais aimé un peu plus de sévérité », dit Lisée

Alors qu'un verdict de non-culpabilité vient d'être déclaré dans le procès de Frank Zampino et de Paolo Catania, accusés de fraude, d'abus de confiance et de complot, les partis politiques à Québec ont tous dû réagir.

Du côté du Parti québécois (PQ), le chef Jean-François Lisée a souligné qu’il ne remettait pas en cause le sérieux avec lequel le tribunal a fait son travail. Il a toutefois ajouté qu’il aurait « aimé un peu plus de sévérité ».

Comme beaucoup de Québécois, a poursuivi M. Lisée, il se questionne devant les nombreuses causes et accusations où le processus de la justice « n’est pas optimal ».

« On se dit "coudon", le procès de Nathalie Normandeau et de Marc-Yvan Côté est reporté, l’enquête sur Jean Charest et Marc Bibeau ne débouche pas, on n’a pas de nouvelles de l’enquête de la SIQ sur les millions de dollars qui auraient été détournés par des organisateurs libéraux… Je tiens simplement à exprimer ma frustration, qui doit être celle de la majorité des Québécois aujourd’hui. »

À la Coalition avenir Québec (CAQ), on prend acte de la décision du tribunal et l'on rappelle qu’il s’agissait d’allégations extrêmement graves.

À Québec solidaire, Amir Khadir s'interroge sur le travail des procureurs du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Le député de Mercier s’est présenté devant les journalistes avec en main le chapitre 2 de la section « Examen des faits » du rapport de la commission Charbonneau.

« Ça porte sur le Faubourg Contrecoeur, a-t-il dit. Ça fait 40 pages. Est-ce que le procureur de la Couronne a fait lire ça au juge? »

Du côté du gouvernement, Robert Poëti, ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles, s’est contenté de réitérer sa confiance dans le système de justice.

Son collègue Pierre Moreau, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, a rappelé que des recours en appel sont possibles. « On va donc éviter les commentaires », a-t-il dit.

Il a lui aussi réitéré sa confiance dans le système judiciaire. « Tous les Québécois peuvent faire confiance au système de justice, a dit M. Moreau. On a un excellent système de justice. On a des tribunaux impartiaux, des procureurs qui de part et d’autre sont extrêmement bien formés, qui sont indépendants, qui travaillent de façon professionnelle. »

Un dossier important pour l’UPAC

Quant à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), elle a fait savoir qu’elle « n'émettra pas de commentaire à ce sujet ».

L’UPAC, qui a préparé tout le dossier qui a mené au procès, avait misé gros avec ce procès.

En entrevue au Devoir en décembre 2015, le commissaire Robert Lafrenière en avait parlé en ces termes : « On arrive à l’heure des décisions judiciaires importantes. Je ne veux pas qu’on manque notre coup. »

Ce procès était « emblématique », avait ajouté M. Lafrenière, parce qu’on y « retrouve des élus, des entrepreneurs, des facilitateurs, et parce que les montants impliqués sont très élevés. D’autres dossiers ont suivi, mais celui-là fut un des premiers [traités par l’UPAC] : il est vraiment important pour nous, compte tenu des accusations, des charges portées et des individus en cause. »

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