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Femmes autochtones à Val-d'Or : l'opposition demande une enquête publique québécoise

Dans la foulée des témoignages recueillis par l'émission Enquête sur le sort des femmes autochtones, les partis d'opposition exigent la tenue d'une commission d'enquête provinciale.

Un texte de Laurent Therrien

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec (CAQ) réclament tous deux qu'une commission d'enquête publique soit mise sur pied par le gouvernement québécois le plus rapidement possible. Mais la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, se fait prudente. Elle dit préférer qu'Ottawa s'en charge, comme l'a promis le premier ministre désigné, Justin Trudeau.

« Monsieur Trudeau a pris l'engagement d'aller de l'avant avec une enquête nationale. Donc, là, vous comprenez qu'on ne peut pas partir 12 enquêtes », a-t-elle affirmé à l'émission Les coulisses du pouvoir.

Une position qu'appuie l'ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, Michèle Audette, qui croit que le Québec devrait plutôt se préparer en vue d'une commission pancanadienne. « On doit attendre que l'enquête nationale s'installe. Le gouvernement du Québec et les Premières Nations doivent s'y préparer », estime-t-elle.

Le chef de la CAQ, François Legault, n'est pas d'accord avec la ministre. Selon lui, « il faut parler de deux choses différentes. Il y a la situation générale au Canada, mais c'est très troublant, ce qui s'est passé à Val-d'Or. Et on a besoin d'une enquête ».

Pierre Karl Péladeau, le chef du Parti québécois, est du même avis. « Il s'agit d'allégations concernant la Sûreté du Québec et je ne crois pas que le gouvernement fédéral, de quelque façon que ce soit, ait compétence ou juridiction en ce qui concerne cette situation bien précise », a-t-il dit.

Des voix syndicales s'élèvent

La CSN a fait savoir par communiqué qu'elle exhorte les deux ordres de gouvernement à prendre « les mesures qui s'imposent pour faire toute la lumière sur la violence envers les femmes autochtones ». Elle critique l'attitude des gouvernements par le passé, qui « se sont traîné les pieds concernant les problématiques de racisme et de violence pourtant dénoncées depuis plusieurs années ».

Selon la vice-présidente de la CSN, Véronique De Sève, « Québec doit lancer une commission d'enquête rapidement ».

L'Assemblée des Premières Nations a convoqué les chefs autochtones du Québec mardi à Val-d'Or.

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