Retour

Femmes autochtones : Québec se contentera de l'enquête fédérale

Québec ne lancera pas sa propre enquête publique sur les allégations de violence contre des femmes autochtones de Val-d'Or. Le gouvernement Couillard préfère laisser le fédéral aborder la question dans le cadre plus large de son Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Québec va collaborer entièrement à l'enquête d'Ottawa, ont annoncé mercredi les ministres Geoffrey Kelley et Stéphanie Vallée. Le gouvernement a adopté un décret en ce sens donnant aux commissaires du fédéral plein accès aux témoins et aux renseignements des instances de la province. La commission d'enquête fédérale, présidée par la juge autochtone Marion Buller, aura donc les mêmes pouvoirs que si elle avait été lancée par Québec.

Les ministres ont défendu la décision de leur gouvernement de ne pas lancer un exercice parallèle à la commission Buller.

« Plutôt que d'avoir de multiples enquêtes sur le vécu de ces femmes, je pense qu'il est très important d'avoir une vue d'ensemble », a fait valoir M. Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones. Il a dit croire que les commissions, s'il y en avait deux, finiraient par soulever « des questions similaires, sinon identiques ».

D'après le ministre Kelley, l'enquête fédérale « va nous permettre de comprendre ce qui s'est passé, de regarder attentivement les politiques et les pratiques des corps de police, entre autres la Sûreté du Québec ».

Il a rappelé que des enquêtes criminelles sont aussi en cours et qu'elles devraient mettre en lumière les événements de Val-d'Or en particulier.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées

Picard en désaccord, des interrogations à Val-d'Or

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, n'est pas d'accord avec le point de vue de Québec.

« Nous, on parlait d'une commission, d'une enquête provinciale qui ferait la lumière sur toute la question des relations entre les forces policières et nos communautés, dit-il. Donc, c'est deux choses ici. C'est là-dessus que le gouvernement du Québec semble trouver un échappatoire un peu trop facile en lien avec les intentions de l'enquête nationale. »

Pour sa part, la directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or salue cette annonce, mais a certaines réserves. Édith Cloutier se demande si ce décret offre une réponse satisfaisante aux problématiques du Québec, notamment aux cas dénoncés à Val-d'Or en octobre dernier.

« Ce sera de voir comment, en plus de ces enjeux sur ces femmes autochtones assassinées, on vient englober une particularité propre au Québec, qui est toute la question du cas Val-d'Or, qui a mis la lumière sur des inconduites policières à l'égard de femmes autochtones », rappelle-t-elle.

Demande de l'opposition

Dans la foulée des témoignages recueillis par l'émission Enquête sur le sort des femmes autochtones, les partis d'opposition avaient réclamé haut et fort, l'automne dernier, la tenue d'une commission d'enquête provinciale.

Le gouvernement Couillard avait dit préférer attendre de voir ce que ferait à ce sujet le premier ministre fédéral Justin Trudeau, nouvellement porté au pouvoir. Il avait rappelé que les libéraux fédéraux avaient pris l'engagement, en campagne électorale, de lancer une commission pancanadienne.

Philippe Couillard avait néanmoins annoncé des investissements de 6,1 millions de dollars pour les communautés autochtones de Val-d'Or et confirmé la nomination de Fannie Lafontaine, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux à l'Université Laval, comme observatrice de l'enquête confiée à la police de Montréal.

La première partie de l'enquête publique de la commissaire Buller débutera le 1er septembre prochain et se poursuivra jusqu'au 31 décembre 2018.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine