Retour

Femmes en politique : lancement du groupe À voix égales au Manitoba

« On est une des dernières provinces à créer une section d’À voix égales ; l’Alberta en a même deux », souligne Alexandra Shkandrij, coprésidente du groupe au Manitoba. Sur le plan national, l’organisation existe depuis 2001. L’idée de l’implanter dans la province a été portée par trois anciennes députées, Judy Wasylycia-Leis, Anita Neville et Dorothy Dobbie.

« Notre priorité c’est d’identifier et d’encourager les femmes qui non seulement voudraient se présenter en politique, mais qui voudraient s’impliquer de toute autre façon, aussi en coulisse », explique Alexandra Shkandrij.

Le groupe proposera notamment du mentorat, des activités de réseautage et des sessions d’informations et de perfectionnement - par exemple, pour apprendre à organiser une campagne électorale ou comment mener une activité de collecte de fonds.

À voix égales est, par ailleurs, une organisation multi-partisane. « Ça ne signifie pas qu’on est non-partisan, commente la coprésidente de la section manitobaine : on inclut des femmes qui sont passées par le processus politique et d’autres qui sont présentement en politique, de tous les partis différents. On traite d’un enjeu qui dépasse la ligne de parti. »

Toujours d’actualité

Alexandra Shkandrij souligne que les défis auxquels les femmes sont confrontées dans la sphère politique sont toujours aussi pressants. « Et un problème, c’est qu’il n’y a justement pas un seul défi criant en particulier, c’est plusieurs obstacles », dit-elle, notamment : la conciliation travail-famille, les stéréotypes, la misogynie, le traitement médiatique inégal.

« Récemment, poursuit Mme Shkandrij, on a vu des femmes qui étaient dans des courses à la direction, comme [l'ancienne chef du Parti libéral du Manitoba] Rana Bokhari, qui se sont exprimées sur leurs expériences personnelles et sur comment certaines limites sont dépassées. C’est déjà difficile d’être en élection, mais si en plus, vous faites face à du sexisme jour après jour ça peut être une expérience très inconfortable ».

Elle croit que le moment est d’autant plus opportun pour lancer À voix égales au Manitoba. « On arrive juste après la campagne d'Hillary Clinton aux États-Unis pour devenir présidente, et suite à la décision l’année dernière des libéraux fédéraux d’avoir un cabinet paritaire. »

L’ancienne politicienne Judy Wasylycia-Leis, après « 14 élections au cours des 40 dernières années » à tous les niveaux de gouvernement, dit avoir constaté « la lenteur du changement » pour la place des femmes en politique. Elle espère pouvoir partager son expérience politique à travers l’organisation À voix égales, une expérience « riche, mais avec beaucoup d’obstacles », souligne-t-elle. « Partout dans ma vie politique, il y a eu des doubles standards, de la discrimination et du sexisme. »

Quand j’ai été élue pour la première fois au Manitoba, les médias ont accordé plus d’attention à mes robes qu'à ma politique. Et quand j’étais candidate pour la mairie de Winnipeg, j’ai reçu beaucoup de messages très sexistes sur les médias sociaux, comme : “retourne à ton tricot”.

Judy Wasylycia-Leis, ex-politicienne

Le message qu’elle souhaite transmettre aux jeunes générations de femmes intéressées par la politique, c’est que « tout est possible ». « Vous avez l’expérience, le talent, les idées », lance-t-elle.

« Mon vœu est de parvenir à l’égalité des femmes au niveau politique le plus tôt possible, c’est essentiel pour la santé de notre démocratie. »

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fais une détox de cellulaire?