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Financement de l'éducation : la DSFM croit pouvoir s'en tirer, les enseignants furieux

Le ministère de l'Éducation du Manitoba a annoncé lundi qu'il limitera l'augmentation de son financement des écoles publiques à 0,5 %. La province a aussi imposé le gel du salaire des enseignants. Alors que la Division scolaire franco-manitobaine écarte les possibilités des retombées négatives sur elle, les enseignants s'indignent de ces décisions provinciales.

Un texte de Wildinette Paul

Les écoles publiques du Manitoba auront droit à la plus faible augmentation de leur financement en plus de quinze ans. « Avoir une augmentation de 0,5 %, c’est plus bas de ce que la Division scolaire franco-manitobaine espérait, explique son secrétaire-trésorier Serge Bisson, mais c’est une augmentation quand même. »

Il rappelle que le budget global des divisions dépend de la croissance de sa population.

« Pour la DSFM, ça va être plus de 0,5 %, croit-il. On a eu une augmentation de 2,5 % du nombre d’élèves, donc pour nous ce sera sûrement un financement de 3 % pour l’année. »

Le gouvernement provincial a aussi demandé aux divisions scolaires de se serrer la ceinture. Le ministre de l’Éducation Ian Wishart a exhorté les écoles de réduire leurs plafonds de dépenses administratives de 15 %.

Selon M. Bisson, la DSFM échappera à cette requête. « Nous, nous n'avons pas de limites pour nos dépenses administratives. Les autres divisions ont des écoles sur un territoire spécifique alors que nous, nous sommes installés partout au Manitoba. »

La DSFM considérera toutefois la demande du ministre de l’Éducation. « On regarde de près nos coûts en administration et on entend le message de la province. Il n’y a pas de compressions pour l’instant. On veut juste être plus efficace », assure M. Bisson.

Des enseignants en colère

La province impose également que le salaire des enseignants soit gelé durant deux ans. Cette nouvelle a suscité le mécontentement des enseignants. « Ce n'est pas une bonne nouvelle. C'est complètement inconstitutionnel. Personne ne veut un gel salarial », déclare Valérie Rémillard, présidente des éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba.

L'Association des Enseignants du Manitoba ainsi que 26 autres syndicats de la fonction publique ont d'ailleurs déposé une demande d'injonction sur le projet du gouvernement de retirer aux commissions scolaires la responsabilité de négocier individuellement les contrats de travail.

Mme Rémillard avance que ce gel représentera en réalité quatre ans de salaire à la baisse. « Les deux premières années, c'est un gel de deux ans. Ensuite, le maximum pour la troisième année c'est 0,5 % et la quatrième année c'est 1 % maximum. Quand on pense que le taux d'inflation monte de 2 %, ça veut dire que chaque enseignant va perdre 15 000 $ au bout de quatre ans. »

Elle se soucie davantage de la qualité de l'enseignement. « Ce qui est plus grave, c'est pas notre gel salarial. C'est le fait que le gouvernement s'attaque carrément à l'éducation. Alors, il se vante de dire qu'il va augmenter la contribution, mais en réalité c'est une baisse de 1,5 % à cause de l'inflation », se désole Mme Rémillard.

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