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Financement du PLQ : finalement, Marc Bibeau nie tout

Plusieurs témoins à la commission Charbonneau ont présenté l'homme d'affaires Marc Bibeau comme étant le responsable du financement au PLQ sous Jean Charest. Aussi, la surprise fut grande qu'il ne soit pas convoqué pour présenter sa version des faits.

Un texte de Bernard Leduc

Et pourtant, par la voie de ses avocats de la firme Davies Ward Phillips & Vineberg, il nous la livre. Mercredi, la commission a rendu publique sur son site Internet la lettre que lui avaient adressée, le 29 mai 2015, ses avocats, en réponse à l'avis de conclusion défavorable qu'elle avait émis à son endroit le 5 décembre 2014.

Cette réponse nous révèle plusieurs choses, notamment qu'il réfute, par l'entremise de ses avocats, l'ensemble des allégations faites à son endroit à la commission, mais aussi qu'il a, en fait, bel et bien été appelé à témoigner par la commission qui a cependant changé d'avis.

Le 7 avril 2014, alors que le PLQ triomphait dans les urnes, renversant un éphémère gouvernement péquiste, Marc Bibeau, contraint, témoignait deux heures durant sous serment à la commission, à huis clos. Trois mois plus tard, soit le 15 juillet 2014, elle le convoquait pour témoigner publiquement par l'entremise d'une citation à comparaître datée du 17 juin 2014.

Un témoignage qui n'aura jamais lieu.

« Le 31 juillet 2014, écrivent dans la lettre les avocats de Marc Bibeau : la CEIC répondait aux procureurs soussignés pour leur indiquer que le témoignage de notre client ''ne sera plus requis par les commissaires'' ».

Les avocats de M. Bibeau en concluent donc que, leur client n'ayant pu s'expliquer publiquement, « la CEIC violerait son obligation d'équité procédurale et d'impartialité ainsi que son objectif de recherche de la vérité en parvenant à des conclusions défavorables à l'encontre de M. Bibeau » dans son rapport.

Bibeau, sans reproche

La commission Charbonneau, si l'on en croit le contenu de leur lettre, avait notamment l'intention de reprocher à Marc Bibeau « d'avoir pratiqué du financement sectoriel en sollicitant des firmes de génie et des entreprises en construction » et « d'avoir entretenu, auprès des firmes de génie, le lien entre les contributions politiques et l'octroi des contrats, notamment auprès de Georges Dick, lorsqu'il lui a évoqué son influence sur les contrats octroyés par Hydro-Québec ».

Mais pour ses avocats, ces reproches n'ont pas lieu d'être, car jamais leur client n'a fait miroiter à des donateurs potentiels - et chef d'entreprises - l'espoir de contrats contre du financement, et jamais, encore il n'a sollicité directement des entreprises.

Pour eux, tant son témoignage à huis clos du 7 avril 2014 que la « preuve entendue ne démontre pas que M. Bibeau aurait sollicité des firmes de génie et des entreprises en construction plutôt que les dirigeants de telles entreprises, et encore moins qu'il connaissait au moment des faits pertinents le système de prête-noms mis en place par ces entreprises afin de contribuer au financement du PLQ ».

En outre, tant ce même témoignage du 7 avril 2014 que ceux, publics, de divers témoins devant la commission, ne permettent de conclure qu'il a « entretenu, auprès des firmes de génie, le lien entre les contributions politiques et l'octroi des contrats ».

Ils affirment à cet effet que l'ex-président de la firme de génie RSW Georges Dick, étant l'unique témoin qui ait clairement affirmé à la commission que M. Bibeau lui aurait promis des contrats contre du financement au PLQ, il « serait déraisonnable et injuste d'étendre l'allégation de M. Dick à un ensemble non-défini de ''firmes de génie'' ».

« M. Bibeau lui-même a expressément nié, sous serment, à plusieurs reprises, avoir expliqué aux chefs d'entreprise qu'il était peut-être important de donner à un parti politique ou de se faire voir d'un parti politique pour avoir l'oreille ou pour avoir une influence ou avoir insinué ou prétendu ou fait valoir auprès de ces chefs d'entreprise là que d'avoir du financement pourrait avoir une incidence sur le chiffre d'affaires de l'entreprise », disent ses avocats.

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