Retour

Financement pour emplois estivaux : Andrew Scheer dénonce « l'obligation » d'être pro-choix

Le chef conservateur fédéral, Andrew Scheer, accuse le gouvernement libéral d'« imposer » la position du premier ministre aux groupes religieux, qui craignent de ne pas pouvoir obtenir de financement pour subventionner des emplois d'été en raison de leur avis sur l'avortement.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré, lors d'une assemblée populaire à Hamilton, que tous les groupes avaient l'opportunité de postuler dans le cadre du programme Emplois d'été Canada, mais que si ces groupes brimaient le droit d'une femme de disposer de son propre corps, « c'est là où nous plaçons la limite comme pays ».

Questionné vendredi à propos de cette politique, M. Scheer a confié à la presse que son parti avait été contacté par des groupes qui s'opposaient à ce nouveau processus d'adhésion au programme de financement.

La nouvelle procédure exige effectivement que les employeurs attestent de leur respect des droits fondamentaux, incluant « les droits des femmes, y compris en matière de reproduction ».

En vertu du programme fédéral, les députés versent des fonds à des organisations sans but lucratif et à de petites entreprises se trouvant dans leur circonscription.

Le changement dans le processus d'adhésion survient après un examen, effectué l'an dernier, qui a été provoqué par des révélations selon lesquelles des députés avaient approuvé des subventions de plusieurs dizaines de milliers de dollars à des groupes antiavortement se trouvant dans deux circonscriptions spécifiques.

« Je crois que le gouvernement fédéral devrait respecter la liberté de croyance des Canadiens, et qu'imposer les valeurs personnelles de Justin Trudeau à une vaste série de groupes n'est pas la bonne façon de procéder », a déclaré M. Scheer.

« [Ces groupes] craignent de ne pas pouvoir offrir des services dont ont besoin leurs communautés, ou de ne pas pouvoir offrir de l'expérience de travail aux jeunes. Nous sommes en contact avec ces groupes et prenons note de leurs doléances », a ajouté le chef conservateur.

« Nous nous inquiétons de la façon dont le gouvernement libéral traite des gens en fonction de leurs positions sur diverses questions. »

Vers une perte de 40 000 $

De son côté, le Southern Alberta Bible Camp a dit ne pas pouvoir signer l'attestation réclamée par Ottawa et risque maintenant de perdre environ 40 000 $ prévus au budget pour six postes de conseillers.

« Nous ne croyons pas que l'avortement soit une bonne chose, et l'on nous dit que pour avoir accès à ces fonds fédéraux, nous devons affirmer le contraire », a mentionné à CBC le directeur général du camp, Jon Gartly.

Un « processus juste »

La ministre fédérale de l'Emploi Patricia Hadju a pour sa part défendu vendredi le processus, en affirmant que les groupes étaient incités à poser leur candidature pour obtenir du financement, mais que ceux-ci ne devaient pas « aller à l'encontre » des droits fondamentaux.

« Ce que je dis, c'est que notre ministère croit en la Charte canadienne des droits et libertés, que nous nous attendons à la même chose de la part des Canadiens, et que nous défendrons ces droits. Nous devons donc nous assurer que l'argent que nous distribuons au nom des Canadiens n'est pas employé d'une façon qui viole ces droits durement acquis. »

Les organismes et entreprises ont jusqu'au 2 février pour postuler à ce programme.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les piscines d'hôtel les plus spectaculaires





Rabais de la semaine