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Finies les frappes aériennes canadiennes en Irak et en Syrie

Les parlementaires ont débattu mercredi à la Chambre des communes de la contribution canadienne aux efforts de combat contre le groupe armé État islamique (EI), à quelques jours du retrait des six appareils CF-18 qui ont participé aux frappes contre ce groupe extrémiste.

Les dernières frappes aériennes menées par le Canada en Irak et en Syrie ont d'ailleurs eu lieu lundi dernier, selon ce qu'a annoncé le ministre de la Défense du pays, Harjit Sajjan, durant le débat.

Par voie de communiqué le ministre Sajjan a aussi annoncé « la poursuite de missions aériennes de ravitaillement et de renseignement, de surveillance et de reconnaissance en soutien aux opérations aériennes de la coalition ».

Le Canada intensifiera également ses efforts pour entraîner les forces de sécurité irakiennes et pour soutenir des partenaires de la coalition et de la région dans la campagne contre EI.

Un débat illustrant les divergences

C'est de cette mission renouvelée qu'entendait parler le premier ministre Justin Trudeau en Chambre mercredi, offrant en premier lieu ses remerciements et sa gratitude aux hommes et aux femmes de l'armée canadienne qui vont, dit-il, « continuer à offrir leurs services au Moyen-Orient au nom de tous les Canadiens ».

L'idée c'est d'être le plus utile possible, dit Justin Trudeau

Le député conservateur Erin OToole, qui a eu droit à la première question dans ce débat, a demandé au premier ministre pour quelles raisons le Canada cessait ses attaques aériennes, considérant que l'EI constitue une menace directe.

Le premier ministre a répondu que toute la question consiste à savoir de quelle manière le Canada peut être utile au sein de la coalition contre l'EI. « Les bombardements menés par les alliés se sont avérés efficaces, a dit Justin Trudeau. De son côté le Canada dispose d'une expertise en matière d'entraînement que ne peuvent offrir la majeure partie des forces alliées. »

« Une décision monumentale » - Rona Ambrose

Aux yeux de la leader par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, il faut faire usage de tous les outils possibles pour combattre le terrorisme. À son avis, l'entraînement et la diplomatie « ce n'est pas du combat et le combat devrait être la chose la plus importante pour ce gouvernement ».

Mme Ambrose met le premier ministre Trudeau au défi de lui nommer un seul des partenaires de la coalition ayant demandé au Canada de mettre fin à ses frappes aériennes.

De l'avis de la chef intérimaire du PCC, le gouvernement Trudeau prend une décision monumentale « simplement dans le but de remplir une promesse électorale ».

Une mission encore plus risquée, craint le NPD

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, voit la chose d'un autre œil : il affirme que bien que le premier ministre Justin Trudeau ait toujours évité de prononcer le mot « combat », il s'agit bel et bien d'une mission de combat, qui sera encore plus risquée que la précédente.

M. Mulcair dit craindre qu'en fait, les objectifs de cette mission renouvelée du Canada contre l'EI ne soient encore moins clairs qu'ils ne l'étaient. De plus, M. Mulcair s'inquiète de certaines choses précises, par exemple de quelle façon les armes que fourniront les Canadiens aux Kurdes seront retracées.

Enfin le NPD presse le gouvernement Trudeau de signer et de ratifier le Traité sur le commerce des armes des Nations unies, ce qu'avaient promis de faire les libéraux. Ce traité vise à encadrer le commerce des armes conventionnelles (armes de poing, avions, missiles ou navires de guerre).

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