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Fonds d’appui au rayonnement des régions : impliquer ou non la société civile?

Québec entreprend dès la semaine prochaine une tournée d'information afin de faire connaître son nouveau Fonds d'appui au rayonnement des régions (FARR), destiné à soutenir les projets de développement.

Les ministres responsables des ministères à vocations économiques sillonneront le Québec pour expliquer ce nouvel outil. Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, parle d’un changement « fondamental » de l’approche du gouvernement en matière de développement régional.

Le FARR sera doté d’une enveloppe de 30 millions de dollars la première année, un montant qui grimpera à 100 millions de dollars en 2022-2023 que se partageront toutes les régions du Québec à l’exception de Montréal et de la Vieille Capitale. Son administration sera confiée aux tables régionales des préfets, qui ont remplacé les Conférences régionales des élus (CRÉ) en 2015.

Un appel à la société civile

Pour le ministre Coiteux, il est clair que la responsabilité du fonds est entièrement entre les mains des préfets. Il n’est pas question de financer les travaux d'une table de concertation incluant des membres de la société civile (syndicats, organismes communautaires, représentants patronaux, etc.) dans un mécanisme qui rétablirait les anciennes conférences des élus.

« On veut financer des projets, pas leur administration », a-t-il confié au journaliste du journal Le Soleil, ajoutant les régions seront responsable de déterminer leurs priorités et mettront en place les mécanismes de sélection.

Le président de la Conférence régionale des préfets du Saguenay–Lac-Saint-Jean, André Paradis, croit qu’il s’agit-là d’une bonne occasion d’inviter la société civile à participer à l’exercice.

« Le gouvernement ne reconnaîtra plus les tables régionales, mais ça n’empêche pas une région de mettre en place une telle table et de la financer par les sommes d’argent qui proviennent des différentes MRC », affirme

André Paradis, qui ajoute qu’il « faut absolument que nous élargissions la base de données avec la société civile ».

Le préfet de la municipalité régionale de comté (MRC) Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, il faudra s’assurer que l’expertise disponible dans les régions puisse collaborer à la gestion du fonds.

« Notre vrai défi c’est d’établir nos priorités régionales et de voir comment on va juger des projets qui vont nous être présentés. C’était ça que la CRÉ faisait », rappelle-t-il.

Réaction syndicale

Pour sa part, le président du conseil central Saguenay—Lac-Saint-Jean de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Engelbert Cottenoir, estime que l’occasion est bonne pour ramener la société civile au sein de la concertation régionale.

« Ça viendrait enrichir le débat et les discussions relativement à la priorisation régionale », assure M. Cottenoir, qui se réjouit de voir ce souhait partagé par le président de la Conférence des préfets.

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