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Forest formule un dernier souhait: faire de Rimouski une ville bleue

Éric Forest quitte la mairie de Rimouski en lançant un défi à ses concitoyens : faire de Rimouski « la première ville bleue au Canada ».

Un texte de Denis Leduc

Dans une entrevue pour faire le bilan des 11 années qu'il a passées à la tête de la Ville, monsieur Forest s'est permis de regarder vers l'avenir et de proposer aux Rimouskois de miser encore davantage sur le développement de ce que l'on appelle « l'économie bleue ».

De la même manière que Victoriaville est considérée comme la ville verte au Québec, il pense que Rimouski doit davantage mettre à profit son expertise dans le secteur maritime et devenir une référence dans le domaine.

Le souhait que j'ai pour Rimouski en terme de positionnement, [c'est que] Rimouski doit devenir la première ville bleue au Canada.

Éric Forest, maire de Rimouski

Être à la fois bleue et verte

Pour monsieur Forest, une ville bleue est d'abord une ville qui se développe dans le respect des grands principes du développement durable.

Mais c'est surtout une ville qui met en valeur tout ce qui touche aux secteurs maritime, à la recherche scientifique, au développement des ressources marines en passant par un aménagement tourné vers le fleuve.

À ce sujet, il dit regretter de ne pas avoir réussi à transformer le stationnement de la place des Anciens combattants en une véritable place publique « où on aurait senti le coeur de Rimouski ». Au fil de l'entretien, il ira même plus loin, en parlant d'un élargissement de la Promenade de la mer au centre-ville.

Mon fantasme, c'était de fermer les deux voies du côté nord du boulevard René-Lepage pour en faire un parc linéaire. Éventuellement, on va en arriver là. Ce sera une signature extraordinaire [pour Rimouski].

Éric Forest, maire de Rimouski

Le meilleur...

La réalisation dont Éric Forest se dit le plus fier, c'est l'événement « Rimouski 2006 », le grand forum de consultation qu'il a mené dans les mois suivants son arrivée au pouvoir.

On devait rétablir la communication entre la ville et les citoyens.

Éric Forest, maire de Rimouski

Pour lui, cet événement a permis de définir une vision et des valeurs communes qui l'ont guidé, dit-il, tout au long de son mandat. C'est à ce moment, dit-il, que le consensus s'est fait pour que « la famille et la personne soient au centre de nos préoccupations » et qui explique des décisions comme le développement du transport en commun, du transport actif ou de lieux de détente comme l'aménagement du brise-lame à l'entrée du centre-ville.

...et le pire

À l'opposé, le pire moment a été le débat sur les entrées d'eau privées. Rimouski était alors la seule ville avec Montréal à faire payer ses citoyens pour les bris d'aqueducs et d'égouts sur le domaine public. Des centaines de personnes se sont mobilisées et ont exprimé leur désaccord pendant des semaines avant que la ville modifie sa réglementation. Éric Forest regrette d'avoir mis autant de temps avant de comprendre les enjeux en cause.

Ça été malheureux qu'il ait fallu toute cette mobilisation pour constater l'iniquité de cette règle-là.

Éric Forest, maire de Rimouski

Le rayonnement de la ville

En jouant de prudence, Éric Forest dit, « avec modestie », que son passage à la présidence de l'Union des municipalités du Québec ou sa nomination au conseil d'administration d'Hydro-Québec ont contribué à faire rayonner sa ville ailleurs au Québec.

Rimouski est perçue très positivement avec son environnement exceptionnel et son économie axée sur le savoir.

Éric Forest, maire de Rimouski

Il pense que cette situation lui a permis de développer un réseau de contacts qui, « dans le respect de la loi », lui ont permis de faciliter le développement de sa ville.

Les groupes de pression

Le futur sénateur ne peut s'empêcher d'utiliser cette dernière tribune comme maire pour exprimer toute la méfiance qu'il a toujours eue à l'endroit des groupes de pression. Ce sont des groupes importants, reconnaît-il, mais ajoute qu'il ne faut pas céder à toutes leurs revendications et demeurer à l'écoute de ceux qui ne viennent pas s'exprimer aux assemblées du conseil municipal.

Il faut s'arrimer dans ses valeurs pour déterminer ce qui est juste et équitable pour la majorité.

Éric Forest, maire de Rimouski

Ne pas jouer à la belle-mère ou au beau-père

Malgré toutes les idées d'avenir qu'il formule, Éric Forest se garde bien de vouloir définir le programme de son successeur. Lorsqu'on lui demande quels conseils il voudrait formuler à la personne qui prendra sa place, il répond qu'il sera disponible pour en parler avec cette personne, mais qu'il ne jouera pas « à la belle-mère ».

Il conclut toutefois en disant espérer que Rimouski continue d'être une ville solidaire, notamment des plus démunis et qu'elle demeure « une ville qui se distingue par ses qualités humaines ».

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