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Forte hausse des plaintes au Commissariat aux langues officielles du Canada

Le Commissariat aux langues officielles du Canada a reçu 1018 plaintes recevables en 2016-2017, en hausse par rapport aux 725 reçues l'année dernière. Il s'agit d'une hausse de 85 % des plaintes en deux ans.

Il s'agit de la première fois depuis 2009-2010 que le Commissariat reçoit plus de 1000 plaintes dans une année. Plus de la moitié des plaintes recevables, soit 565, sont en relation avec les communications avec le public et la prestation des services.

De toutes les régions au pays, c'est dans la région de la capitale nationale qu'il y a eu le plus de plaintes jugées recevables par le Commissariat avec 429.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Sylviane Lanthier, croit que cette tendance doit être analysée en profondeur.

« Je pense qu'il y a moyen de creuser et de mieux comprendre ce qui est en train de se passer. S'il y a effritement de l'utilisation du français dans la fonction publique ou un effritement dans la capacité à utiliser le français, c'est une chose qui doit être examinée », a-t-elle mentionné.

Le Commissariat note qu'il y a eu plusieurs plaintes et questionnements de la part des Canadiens lorsque le premier ministre Justin Trudeau n’a pas répondu à des participants dans la langue officielle de leur choix lors d’événements publics en hiver 2017.

Rappelons que M. Trudeau avait notamment répondu en français à une question posée par une femme en anglais, lors d'une rencontre publique à Sherbrooke. Il s'était par la suite excusé. Le Commissariat avait reçu au moins neuf plaintes à ce sujet. Il avait également refusé de répondre en français lors d'une rencontre citoyenne à Peterborough, en Ontario.

« J’y vois une autre confirmation de l’importance que revêt la dualité linguistique dans la société canadienne. Il s’agit ainsi d’une motivation supplémentaire dans le travail que nous tentons d’accomplir chaque jour », note la commissaire par intérim, Ghislaine Saikaley, dans son rapport.

Une modernisation de la loi

Par ailleurs, la commissaire par intérim recommande au gouvernement fédéral « d'évaluer la pertinence de moderniser la Loi dans l'optique d'adopter une position claire en 2019 ».

C'est que la dernière révision majeure de la Loi sur les langues officielles remonte à 1988 et la commissaire note que les changements dans la société canadienne et les modes de prestation de services du gouvernement rendent la loi actuelle désuète.

« Il est essentiel de tenir compte des situations particulières vécues par les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Plusieurs facteurs sociaux, économiques et culturels, dont l’apport important en immigration, ont une incidence directe sur leur vitalité. Par exemple, les médias qui servent ces communautés ont dû changer leurs pratiques en raison de l’utilisation accrue d’Internet par les institutions fédérales pour diffuser des publicités ou des avis publics », a affirmé Mme Saikaley.

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