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Forum des candidats dans Ottawa-Vanier : le français relégué au second plan

Ottawa-Vanier étant un bastion francophone, on aurait cru que la francophonie occuperait une place de choix, lors du Forum des candidats organisé, jeudi soir, au Centre communautaire Côte-de-Sable, mais ce fût pas le cas.

Un texte d’Angie Bonenfant

Les candidats ont discuté de logement abordable, de transport en commun et du salaire minimum, entre autres, mais très peu d’enjeux francophones.

Il faut dire que les citoyens venus entendre les candidats étaient majoritairement anglophones et leurs préoccupations étaient davantage centrées autour d’enjeux qui touchent la pauvreté.

Que comptez-vous faire pour contrôler la hausse des loyers, réduire les écarts salariaux, loger les sans-abri et aider ceux à faible revenu? Les citoyens ont posé des questions concrètes et espéré des réponses claires sur des sujets qui concernent le quotidien.

« Toutes les réponses étaient générales. Moi, je recherche une réponse spécifique », a indiqué Bruce McConville qui milite au sein de S.O.S. Vanier, un regroupement qui s’oppose à la construction d’un refuge de l’Armée du Salut sur le chemin Montréal.

« Mes questions étaient : qu’est-ce que vous comptez faire pour nous aider dans notre cause? Et, allez-vous davantage financer la construction de logement abordable? Nous avons besoin d’un champion, d’une personne qui aura du leadership pour gérer ces problèmes », a-t-il lancé.

À l’issue des échanges, M. McConville n’avait toujours pas trouvé chez les candidats la perle rare qui sera son porte-voix à Queen’s Park.

Candidats majoritairement anglophones

Le Forum a regroupé à une même table la libérale Nathalie Des Rosiers, la néo-démocrate Lyra Evans et Sheilagh McLean du Parti vert. Tenu à l’écart en raison d’un problème de santé, le candidat du Parti progressiste-conservateur, Fadi Nemr, n’a pas participé à l’événement.

« Il y a beaucoup de lacunes quant aux services en français en Ontario. Que comptez-vous faire pour garantir et améliorer la qualité des services en français pour qu’elle soit la même qu’en anglais », a demandé en français Delphine Desormeaux.

« Voulez-vous que je répète la question en anglais? », a lancé aux candidats Philippe Marcoux, le modérateur du Forum.

Cette relance du modérateur est tout sauf anodine. L’ensemble des candidats, mise à part Nathalie Des Rosiers, sont unilingues anglophones. Dans Ottawa-Vanier, où 30 % des résidents sont francophones, on n’a pas souvent vu ça.

« La francophonie c’est un enjeu qui est beaucoup délaissé par les politiciens et, ce soir, on voit que sur trois candidats, il y en a deux qui ne comprenaient pas le français », a déploré Delphine Desormeaux qui est la seule membre du public à avoir posé une question sur la francophonie.

Malgré son handicap au niveau de langue, la candidate néo-démocrate a particulièrement été incisive sur cette question. « La loi sur les services en français a plus de 30 ans, a-t-elle répondu. Le commissaire aux services en français a demandé une refonte, à plusieurs reprises. Sous le gouvernement Wynne, cette demande a toujours été ignorée. »

Un gouvernement néo-démocrate, a-t-elle soutenu, garantira des services en français et travaillera d’arrache-pied pour mettre sur pied une université francophone.

Nathalie Des Rosiers, qui est à l’origine du projet loi sur la reconnaissance du caractère bilingue de la Ville d’Ottawa, n’a pas manqué de rappeler que sa collègue, la ministre des Affaires francophones Marie-France Lalonde, s’est déjà engagée à revoir la Loi 8.

Un des importants aspects de cette revue, a-t-elle précisé, sont les normes d’imputabilité.

Pour sa part, la candidate du Parti vert Sheilagh McLean a laissé entendre que son parti soutient l’égalité entre les deux langues. À défaut d’avoir entre les mains une plateforme claire sur le sujet, elle n’a pas élaboré sa pensée.

Vendredi soir, les candidats s’affrontent de nouveau lors d’un débat organisé par l’ACFO d’Ottawa, à La Cité, située sur le chemin Aviation.

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