Retour

Fraude alléguée à la SIQ : l’opposition veut des gestes, le PLQ défend son intégrité

À la suite des allégations de fraude révélées par l'émission Enquête, le Parti québécois (PQ) réclame une commission parlementaire et la Coalition avenir Québec (CAQ) demande l'annulation du financement public du Parti libéral du Québec (PLQ).

Ces deux partis d'opposition réclament des comptes au gouvernement de Philippe Couillard. La porte-parole du Parti québécois en matière d'éthique et d'intégrité, Agnès Maltais, veut avoir des réponses sur la vente d'édifices appartenant à l'État à un prix en dessous de celui du marché, et sur le résultat de cette vente.

Elle réclame une commission parlementaire où seraient appelés à témoigner les quatre collecteurs de fonds du PLQ, William Bartlett, Franco Fava, Charles Rondeau et Marc-André Fortier, PDG de la Société immobilière du Québec (SIQ) de 2003 à 2008.

Allégations de fraude impliquant des collecteurs de fonds du PLQ

Un ordre du gouvernement, dit Agnès Maltais

« D'où vient cette décision politique? », a-t-elle demandé en conférence de presse, vendredi, à Québec. Mme Maltais souligne que la vente des trois immeubles de la SIQ a été inscrite dans le premier budget déposé par l'ancienne ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget.

« C'est la seule fois où j'ai vu une vente d'immeuble écrite dans un budget. Et c'était dès l'arrivée du gouvernement à l'époque. C'était un ordre du gouvernement libéral dans un budget de vendre ces immeubles », martèle Agnès Maltais.

Cette dernière souligne qu'à l'époque le PQ avait posé de nombreuses questions. « L'une d'entre elles est pourquoi les règles ont été outrepassées, les immeubles ont été vendus en bas de la valeur marchande, il n'y a pas eu d'appels d'offres? D'après le reportage que l'on a vu, les Québécois se seraient fait flouer de 47 millions de dollars ».

Quelqu'un a dû signer une dérogation pour outrepasser les règles, selon elle. « La grande question est : qui a signé une telle dérogation? »

Mme Maltais se demande également où se trouve l'argent aujourd'hui et à qui il a servi.

« D'après le reportage, si cela s'avère, il y a 2 millions de dollars qui se sont rendus jusque dans des comptes aux Bahamas, dans des paradis fiscaux. Où est l'argent? Le Parti libéral doit nous donner une réponse à cette question ».

Tant le PQ que la CAQ affirment que Philippe Couillard ne peut affirmer qu'il n'était pas au courant.

« William Bartlett a été un de ses principaux organisateurs dans sa propre élection dans Jean-Talon », souligne le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.
Et, selon le PQ, le chef du Parti libéral ne peut pas se cacher derrière le fait qu'il y ait une enquête de l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption. « Il doit expliquer aux Québécois où est l'argent, il doit le savoir ».

Il doit aussi expliquer, selon Agnès Maltais, ses liens avec William Bartlett et s'il y a eu d'autres contacts entre les deux hommes depuis.

Philippe Couillard a répondu à cette question lors d'une mêlée de presse, vendredi, affirmant que M. Bartlett n'était ni un ami, ni un proche, mais un bénévole de la circonscription de Jean-Talon. 

Le PQ demande également que le rapport juricomptable commandé par la SIQ soit remis aux parlementaires avant la tenue d'une commission parlementaire pour que « nous puissions comprendre ce qui s'est passé et poser les bonnes questions à ces personnages ».

La CAQ s'en prend au financement public pour le PLQ

De son côté, la Coalition avenir Québec a réclamé vendredi l'annulation du financement public du Parti libéral de 3,8 millions. Le chef de la CAQ, François Legault, parle « d'argent sale qui a servi à élire des libéraux ».

« On peut avancer que cette gigantesque fraude a permis au Parti libéral d'amasser des millions de dollars et cela a été possible à cause de la proximité de ces quatre collecteurs de fonds avec le Parti libéral et le gouvernement libéral », a affirmé M. Legault en point de presse.

Le premier ministre a répliqué à M. Legault de s'occuper de son parti et qu'il s'occuperait du sien. « Des changements ont été considérables à la fois dans la loi électorale et à l'intérieur même de notre parti. Je crois qu'on ne peut jamais dire irréprochables à 100 % parce qu'on ne sait jamais vraiment tous les détails, mais largement irréprochables dans le domaine du financement maintenant », a assuré Philippe Couillard.

François Legault demande au premier ministre d'exiger que ces paiements cessent jusqu'à ce qu'il ait établi les montants qui ont été amassés par les quatre collecteurs de fonds et que ces montants soient remboursés.

La CAQ a mis en ligne une pétition pour faire cesser le financement public du Parti libéral du Québec.

« Il y a des maudites limites à rire des Québécois et à continuer d'utiliser de l'argent sale pour financer des élections », a conclu François Legault, faisant allusion aux quatre élections partielles du 5 décembre prochain.

« On vient encore de rembourser une somme importante au DGEQ [directeur général des élections du Québec]. Donc, on s'acquitte complètement de nos responsabilités. Dès que le directeur général des élections a une recommandation à faire, on l'acquitte », a plaidé Philippe Couillard.

De son côté, le DGEQ dit ne pas disposer d'assez d'informations pour déclencher une vérification sur le financement du PLQ, mais invite les témoins potentiels à lui signaler toute irrégularité.

Le Parti libéral se défend

En fin de journée, le Pati libéral a dénoncé les commentaires du PQ et de la CAQ concernant son financement, qui seraient selon lui de « la culpabilité par association ».

Dans un communiqué, le PLQ dit respecter les dispositions de la loi en matière de financement politique et rappelle que « les rapports financiers, incluant notamment la liste des donateurs du PLQ, sont déposés chaque année au DGEQ ».

La formation tient à signaler aussi qu'elle « a toujours travaillé en étroite collaboration avec le DGEQ dans le cadre des vérifications que celui-ci effectue relativement à la conformité de chacune des contributions recueillies, et remboursé la totalité de celles qui ont été établies comme étant non conformes [...] ».

S'agissant des révélations sur des irrégularités à la Société immobilière du Québec, le PLQ estime que l'Unité permanente anticorruption « a toute la latitude pour mener ses enquêtes à terme. Si des accusations sont déposées contre des individus, ces derniers auront à subir le test des tribunaux ».

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fais une détox de cellulaire?