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Fusillade dans un parc : le maire traite les accusés de « rats d’égout »; un activiste demande des excuses

Desmond Cole, un activiste pour les droits des Noirs, demande des excuses de la part du maire de Toronto, John Tory, parce qu'il a traité deux hommes soupçonnés d'avoir atteint par balles de jeunes enfants dans un parc en plein jour de « rats d'égout ».

Le maire affirme n’avoir aucunement l’intention de s’excuser.

Deux jours après une fusillade dans un terrain de jeux de Scarborough, à l’est de Toronto, où deux fillettes de 5 et 9 ans ont été gravement blessées par balle, en juin dernier, le maire de Toronto, en conférence de presse, parlait aux médias au sujet de l’incident.

« La police travaille de manière agressive et travaille avec toutes les ressources disponibles pour retrouver les [gens responsables de la fusillade], ces rats d'égout profondément antisociaux », avait-il alors déclaré.

Lundi, M. Cole a demandé au maire de Toronto, sur Twitter, s’il avait l’intention de s’excuser. « Est-ce que vous vous êtes excusés d'avoir appelé les Noirs "des rats d'égouts profondément anti-sociaux" ou nah? »

Mardi, le maire s’est défendu. Il a affirmé que les hommes responsables de ces violences sont une menace pour la sécurité publique.

Les trois suspects sont Noirs. Un d’entre eux a été arrêté.« Je regarde les gens qui portent volontiers et sciemment des armes à feu dans leur poche et les utilisent pour tirer sur d'autres personnes comme étant des personnes profondément anti-sociales », a réitéré le maire de Toronto.

« J'étais vraiment en colère ce jour-là en pensant au fait que quelqu’un puisse brandir une arme à feu et tuer deux jeunes enfants. Ceux qui impliquent la race [des présumés assaillants] dans ce débat devraient avoir honte », a-t-il déclaré mardi en conversation avec des journalistes.

De son côté, M. Cole affirme que les mots choisis par le maire est déshumanisant parce qu'il a décrit les hommes impliqués dans les fusillades comme de la vermine. Des termes tels que « voyous » et « gangsters », que M. Tory a également utilisés, « nous expose à plus de dangers », selon M. Cole.

« Le maire a malheureusement choisi d'utiliser le terme "rats d'égout" pour décrire les êtres humains. Je pense que nous pouvons convenir que c'est déshumanisant. Certaines personnes croient que c’est acceptable parce qu'il parle de gens impliqués dans une fusillade », affirme M. Cole.

« Vous ne pouvez pas soutenir et ramener et réintégrer et réhabiliter les gens dans votre communauté une fois que vous avez décidé de les abandonner et de les comparer à des animaux. »

M. Cole souligne que le maire Tory n'a jamais utilisé des termes similaires pour décire le présumé responsable de l’attaque au camion-bélier Alek Minassian ou le tueur en série présumé Bruce McArthur. Minassian, accusé d'avoir tué 10 personnes et blessé 16 autres, et McArthur, accusé du meurtre de huit hommes, sont tous les deux blancs.

« Mais quand les crimes sont commis avec des armes à feu, les mots plus fort sortent », ajoute-t-il.

Ellen Berrey, professeure adjointe de sociologie à l'Université de Toronto, a fait des recherches sur les thèmes de la culture, de la race, du pouvoir et des inégalités, explique que le terme « rats d'égout » n'aide pas à assainir le climat qui persiste dans la ville.

Il en va de même pour le mot « voyou », qui, selon elle, peut véhiculer une image de « jeune homme noir effrayant et imposant, de manière péjorative ».

« Ces mots sont des codes qui signifient quelque chose à certaines personnes et déclenchent des réactions stéréotypées. Ils sont peut-être inconscients [de la part de ceux qui les utilisent] mais ils ont un impact », a-t-elle déclaré.

« De plus, ça sape un objectif plus large, qui est de rendre la ville plus sécuritaire », ajoute Mme Berrey.

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