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Garderies à 10$ par jour en Colombie-Britannique : réaliste?

La mise en place d'un système de garderies à 10 $ constitue la promesse phare du NPD de Colombie-Britannique. Chiffrée à 1,5 milliard de dollars sur 10 ans, est-ce réaliste? Vérification des faits.

Un texte de Francis Plourde avec des informations d’Eric Rankin

En Colombie-Britannique, le coût moyen d’une garderie pour un enfant d’âge préscolaire est évalué à 1300 $ par mois. Les listes d’attente sont longues et les places sont limitées.

Pour la candidate néo-démocrate dans Coquitlam-Burke Mountain, Jodie Wickens, c’est un enjeu prioritaire. « Je crois que le travail d’un gouvernement est de rendre la vie meilleure pour ses citoyens, dit-elle. C’est ce que notre plan de garderies à 10 $ par jour représente pour les familles. »

Les néo-démocrates chiffrent cette promesse à 1,5 milliard de dollars sur 10 ans. Les libéraux, eux, jugent que la province n’a pas les moyens de se payer un tel projet.

En 2013, les néo-démocrates semblaient d’accord avec cette interprétation. Le chef du NPD à l'époque, Adrian Dix, avait lui aussi affirmé qu’une telle promesse serait trop coûteuse.

Mais depuis, les choses ont changé, estime Jodie Wickens.

En 2015, l’économiste Pierre Fortin a conclu, à la suite d’une étude, que le service de garderies à 5 $ lancé à la fin des années 1990 au Québec avait eu des effets positifs sur l’économie de la province.

Parmi les avantages, le fait que davantage de mères soient retournées sur le marché du travail, ce qui a contribué à augmenter les revenus de l’État.

Même sans apport du fédéral, ce projet est donc réaliste, croit la candidate néo-démocrate, qui parle d’un investissement et non d’une dépense.

Le NPD évalue que le système qu’ils mettront en place s’ils sont élus créera 70 000 emplois. Il sera en partie financé par l’annulation de baisses d’impôts destinées aux mieux nantis de la société.

L’avis d’un expert

L’économiste Kevin Milligan, de l’Université de Colombie-Britannique, a étudié les chiffres dévoilés par le NPD. Leur plan pourrait représenter certains défis, croit-il.

L’économiste ajoute que d’autres priorités pourraient s’ajouter à celle des garderies et que les coffres de l’État ne sont pas sans fond.

Un autre défi, selon Kevin Milligan, sera d'établir des normes provinciales en matière de services à l’enfance. À l’heure actuelle, Victoria permet la cohabitation de garderies enregistrées et non enregistrées.

Une promesse qui s’autofinance?

Le NPD se base sur une analyse du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) pour chiffrer sa promesse à 1,5 milliard de dollars.

Selon ce rapport, les revenus récoltés avec les emplois créés s’élèveraient à 630 millions de dollars, soit un peu moins de la moitié des coûts du programme.

Le fédéral, qui a annoncé dans son budget de mars dernier une enveloppe de 7 milliards de dollars sur 10 ans pour la petite-enfance, pourrait couvrir une partie des coûts. En tenant compte de la proportion de la population canadienne en Colombie-Britannique, cet apport pourrait se chiffrer à 70 millions de dollars par année.

Même sans apport important du fédéral, cette promesse pourrait se réaliser, mais elle ne s’autofinancera pas complètement, conclut l’économiste Kevin Milligan. « Ça vaut peut-être la peine, mais c’est aux électeurs de décider, dit-il. Ce choix devrait être fait avec le plus de clarté possible concernant les coûts. »

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