Publiquement accusé d'agression sexuelle par une jeune femme de Québec, le député montréalais Gerry Sklavounos prendra congé de l'Assemblée nationale pour des raisons de santé. « Grandement affecté » par la situation, le député libéral, exclu du caucus de son parti en raison de ces allégations, a été mis en arrêt de travail par son médecin de famille.

Le député libéral de Laurier-Dorion a rédigé une lettre à l'intention du président de l'Assemblée nationale et de ses collègues, qui a été déposée en Chambre ce matin. M. Sklavounos y parle de son dévouement pour les électeurs de sa circonscription et les institutions démocratiques québécoises.

M. Sklavounos a profité de l'occasion pour réitérer son innocence devant les allégations de viol lancées sur la place publique par Alice Paquet.

« [...] je souhaite par-dessus tout que la lumière soit faite rapidement, poursuit-il. Ceux qui me connaissent sauront faire la part des choses. »

M. Sklavounos refuse de fournir plus d'explications sur la place publique pour éviter de nuire aux enquêtes en cours.

« Afin de ne pas entraver le processus d'enquête en cours, j'ai dû faire le choix difficile, mais nécessaire, de ne pas commenter davantage la situation », explique-t-il.

« Dans ce contexte, il m'apparaît approprié de laisser toute la place aux autorités afin qu'elles puissent effectuer leur délicate tâche, dans le respect de toutes les personnes impliquées », poursuit-il.

Dans sa lettre, le député Sklavounos revient sur les raisons qui l'ont poussé à se retirer du caucus libéral. « [...] par respect pour mes collègues afin qu'ils puissent se concentrer adéquatement sur leurs fonctions », rappelle M. Sklavounos.

Lors d'un rassemblement de soutien aux victimes des présumées agressions sexuelles survenues à l'Université Laval, à Québec, Alice Paquet a accusé un élu de l'avoir agressée sexuellement. « Je prends le micro aujourd'hui pour dénoncer une agression que j'ai vécue, et ce n'est pas parce que je ne l'ai pas dénoncée auparavant, avait-elle déclaré devant des manifestants. C'est juste qu'on a voulu protéger l'agresseur parce qu'il a un siège à l'Assemblée nationale, parce que c'est un homme important, parce que sa carrière est plus importante que l'agression que j'ai vécue », avait-elle poursuivi.

Mme Paquet, qui n'a pas elle-même identifié M. Sklavounos, a affirmé l'avoir rencontré dans un restaurant de Québec où elle travaillait. Avocat de formation, M. Sklavounos a décidé de se retirer du caucus libéral et de siéger comme député indépendant. Âgé de 41 ans, il s'est lui-même identifié en se retirant, avouant indirectement être la personne visée par les allégations de Mme Paquet.

Plus d'articles