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GES : les Ontariens paieront pour des réductions au Québec et en Californie

Pas moins de 80 % de la réduction des émissions de gaz à effet de serre prévue par l'Ontario d'ici 2020 dans le cadre du nouveau marché du carbone sera réalisée au Québec ou en Californie, prévient la vérificatrice générale ontarienne.

L’Ontario n’atteindra ainsi ses objectifs en matière de GES que grâce à l’achat par des entreprises ontariennes de crédits de pollution de compagnies québécoises ou californiennes.

Le coût de ces crédits, estime la vérificatrice Bonnie Lysyk : 466 millions de dollars de 2017 à 2020 et plus de 2,2 milliards en 2030.

Les fonds en question pourraient quitter l’économie de l’Ontario uniquement pour permettre au gouvernement de prétendre qu’il a atteint une cible.

Bonnie Lysyk, vérificatrice générale de l'Ontario

La vérificatrice ajoute que l’Ontario, le Québec et la Californie pourraient clamer en double une partie des mêmes réductions de GES dans le cadre de leur marché d'échange conjoint.

À lire aussi : La rentabilité incertaine du marché du carbone

Hausse des tarifs d’électricité

Dans son rapport, la vérificatrice rappelle également que le régime de plafonnement et d’échange de l’Ontario entraînera une augmentation des coûts de l’énergie :

  • 210 $ de plus annuellement en 2019 pour les ménages ontariens (essence et gaz naturel).
  • 7 % de plus en 2030 pour les tarifs d’électricité industriels, alors que la Chambre de commerce de l’Ontario affirme que le coût élevé de l’électricité est déjà le « plus grand risque  » pour ses membres, en matière de concurrence.

L’Ontario a choisi en 2008 d’adhérer à un marché du carbone avec le Québec et la Californie. Toutefois, ce n’est qu’en 2016 que le gouvernement a mené une analyse comparative d’autres approches.

Ce rapport révèle que le régime conjoint choisi par l’Ontario est celui qui mènera à la plus faible réduction réelle des émissions dans la province en 2020, alors que c’est celui qui coûtera le moins cher par tonne aux émetteurs.

Les libéraux ont promis de réinvestir les 8 milliards générés par le marché du carbone dans différents programmes et projets verts.

Toutefois, la vérificatrice souligne que certaines de ces initiatives avaient déjà été annoncées, incluant l’électrification du réseau de trains de banlieue GO dans la région de Toronto. « La province a trouvé un autre moyen de financer ses coûts, sans cependant réduire davantage les émissions », affirme Mme Lysyk.

Santé mentale

Certains patients souffrant de troubles mentaux attendent jusqu'à trois mois pour des traitements dans les hôpitaux psychiatriques spécialisés de la province, constate également la vérificatrice générale dans son rapport.

Par ailleurs, le nombre d'enfants et de jeunes souffrant de problèmes de santé mentale a augmenté de 50 % depuis 2008-2009, selon Mme Lysyk, qui se demande pourquoi la province n'a pas cherché à connaître les raisons expliquant cette tendance préoccupante ni tenté de la corriger.

Publicités partisanes

La vérificatrice provinciale reproche aux libéraux d'utiliser des deniers publics pour faire de « l'autopromotion ».

Elle cite les exemples notamment de récentes campagnes du publicité du gouvernement sur l'augmentation des dépenses en santé et sur l'environnement qu'elle juge « complaisantes ».

La province réagit

Dans la foulée de la présentation du rapport, plusieurs ministres du gouvernement libéral ont assuré aux médias le compte-rendu de la vérificatrice générale ne resterait pas lettre morte.

Le ministre des Transports, Steven Del Duca, a notamment assuré qu'un suivi serait fait par son ministère.

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