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Gestion des inondations à Gatineau : des élus veulent mieux encadrer leur rôle

Des conseillers de Gatineau soutiennent que la Ville doit revoir le rôle des élus lors de crises majeures comme les inondations printanières de 2017.

C'est ainsi que plusieurs conseillers ont réagi à la suite de la présentation du rapport d'une firme indépendante sur la façon dont Gatineau a géré les inondations printanières.

Ce rapport, effectué par la firme MUSE, conclut que la Ville est l'une des mieux rodées du Québec en ce qui concerne les interventions en cas de crise, mais que certains aspects de ses plans d'intervention méritent d'être peaufinés.

C'est entre autres le cas pour l'encadrement des bénévoles et pour structurer le rôle que peuvent jouer les élus lors de crise.

Cellule de crise de la mairie

Le consultant, Marc Guay, note dans son rapport que le plan d'intervention de la Ville en matière d'inondation ne prévoit pas de cellule de crise à la mairie. Ces cellules, suggérées par les autorités provinciales de sécurité civile, permettent aux conseillers de participer aux décisions en ce qui a trait à la gestion de la crise.

Lors de la crue printanière de l'an dernier, le maire n'a donc pas créé cette cellule de crise. Il a plutôt assuré une présence active au Centre de coordination des mesures d'urgence (CCMU) et sur le terrain. Les conseillers ont été tenus informés de la situation par courriel et par voie téléphonique de façon régulière, dès le 4 mai.

Le conseiller Marc Carrière a déploré la décision du maire de s'être ingéré dans les affaires du CCMU et aurait préféré le voir au-dessus de la mêlée. « Son poste, ce n’est pas d'être au CCMU, c'est d'être dans son bureau », a-t-il dit.

Un non-sens pour le maire.

Le consultant est d'ailleurs d'avis que le maire a bien agi.

La conseillère Myriam Nadeau, dont le quartier de la Pointe-Gatineau a été particulièrement touché par la crue, a souligné que les élus ont, malgré tout, eu de la difficulté à obtenir l'heure juste sur les mesures d'interventions auprès des citoyens. Maxime Pedneaud-Jobin reconnait que cette façon de faire n'est pas optimale et veut la réviser.

Le maire Pedneaud-Jobin veut aussi réviser le rôle des conseillers lors de crise. Les membres du comité exécutif pourraient former une cellule de crise, afin de venir appuyer l'appareil municipal grandement sollicité lors de crise.

« Quand il y a 900 employés municipaux sur le terrain pour une crise, il y a des choses qui ne se font pas à la Ville », explique le maire, qui ajoute que l'exécutif pourrait alors venir en renfort pour assurer un suivi.

Le maire reconnait également la nécessité de mieux encadrer le rôle que peuvent jouer les élus lors de crise.

« Les élus, s'ils sont assis autour de la table [du conseil], c'est parce que ce sont des leaders dans leur communauté qui aident leur monde, quand leur monde a de la misère », a indiqué le maire.

Le maire ajoute que les conseillers doivent également savoir « ce qu'ils peuvent faire en tant que citoyens pour leur quartier pour ne pas nuire aux opérations ».

Mieux préparer les citoyens aux crises

M. Guay note également que le niveau de préparation des citoyens aux dangers potentiels comme les inondations est faible. Il recommande que la Ville lance des campagnes pour rappeler aux citoyens qu'ils ont une responsabilité dans la protection de leurs biens et leur offre des outils pour les aider à se préparer à toutes éventualités.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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